amour chrétien Christ

Le christianisme est communément présenté comme une religion d’amour. En effet, le Dieu chrétien se définit par l’amour qu’il porte à l’humanité, et il en aurait donné la preuve par l’intermédiaire de son incarnation terrestre, Jésus-Christ, qui a montré aux hommes comment s’aimer les uns les autres. De nombreux passages du Nouveau Testament sont ainsi devenus célèbres pour leur invitation à pratiquer un amour radical sous différents aspects.

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L’amour chrétien naît en Dieu. Dans le christianisme, en effet, l’amour est une des qualités essentielles de la divinité, à tel point qu’il en est présenté comme la substance même : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (Première épître de Jean). Le Dieu chrétien aurait de surcroît manifesté son amour pour les hommes en s’incarnant dans Jésus- Christ : « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Évangile selon Jean). Cette incarnation aurait pour but de faire prendre conscience aux hommes de leur part divine qui s’exprime notamment dans l’amour. Selon une interprétation, Dieu aurait voulu prouver son amour pour les hommes par le sacrifice du Christ, qui aurait ainsi payé le prix de leurs péchés. En tout cas, c’est cet amour que la divinité porte à l’humanité qui permet aux hommes de s’aimer entre eux. Le Dieu chrétien est donc comme un troisième terme qui relie les êtres entre eux par un amour divin.

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L’amour chrétien est universel, inconditionnel et pacifique

L’amour chrétien est universel et inconditionnel. Le christianisme demande que les actions humaines soient entièrement tournées vers l’amour du prochain. Dans l’Évangile selon Matthieu, Jésus-Christ donne le commandement suivant : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cet impératif biblique prescrit un devoir de bienveillance universel et invite à rechercher une forme de sainteté. Il ne s’agit pas, à strictement parler, d’amour, car il semble impossible de ressentir de l’affection pour son ennemi – il faut donc plutôt remplir un devoir de bienveillance à son égard. Le précepte du Christ convie plus précisément l’individu à agir avec bienveillance envers son semblable, quel qu’il soit : lui faire du bien, et même rendre le bien pour le mal. L’inconditionnalité de l’amour chrétien est illustrée par l’épisode de l’onction de Jésus-Christ dans l’Évangile selon Saint-Luc : alors que le pharisien qui l’a invité lui reproche de se laisser toucher par une prostituée notoire, le fils de Dieu pardonne tout de même les péchés de la « pécheresse » qui, en tant que fille de Dieu, mérite elle aussi son amour. Enfin, dans ce même évangile, Jésus-Christ étend le devoir de bienveillance même à ceux qui semblent devoir en être privés : « Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ».

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L’amour chrétien prohibe la violence. La célèbre invitation à « tendre l’autre joue » est une condamnation des représailles qui contredit la loi du Talion (« œil pour œil, dent pour dent ») de l’Ancien Testament. Ainsi, le devoir de bienveillance universelle et inconditionnelle prescrit par le Christ implique de ne jamais céder à la violence. Celle-ci est plus précisément considérée comme contraire au règne de Dieu, elle serait en fait l’instrument du diable. Dès lors, elle ne peut pas servir l’humanité ; au contraire, elle la déshumanise. Ce rejet radical est illustré par la soumission du fils de Dieu à la violence de ses bourreaux au cours de la Passion du Christ. Dans Je vois Satan tomber comme l’éclair, René Girard affirme que Jésus Christ renverse ainsi totalement la problématique de la violence. En tant que victime innocente, il réduit la violence du mal à l’impuissance, car il la subvertit en puissance d’expression de son amour pour Dieu. L’amour infini du Christ, en qui tout est pardonné, serait donc le remède à la violence intrinsèque à la condition humaine. La thèse du pacifisme chrétien est toutefois remise en cause par divers passages de la Bible où la violence est tolérée, voire assumée, comme lorsque Jésus-Christ chasse les marchands du Temple en renversant leurs tables.

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