L'art de la guerre Sun Tzu

L’art de la guerre requiert méthode et stratégie. Sun Tzu affirme dans L’art de la guerre que les bons principes stratégiques mènent inévitablement à la victoire, c’est pourquoi il est important de les étudier et de les mettre en pratique. Il insiste notamment sur la dimension psychologique de la guerre, grâce à laquelle le stratège habile peut obtenir la soumission de l’adversaire en économisant les ressources à sa disposition.

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L’art de la guerre repose sur une réflexion claire et puissante. Sun Tzu affirme en effet que toute guerre commence dans la tête, dans la mesure où son issue dépend grandement du jugement du stratège. Celui-ci doit donc avoir l’esprit clair pour apprécier correctement les rapports de force et les questions diplomatiques. Cet enjeu intellectuel de la guerre est d’autant plus important qu’il est très rare qu’une armée puisse l’emporter directement. « Considérez, demande Sun Tzu, qu’avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez leur insuffisance. Combien celui qui n’en fait point a peu de chances de gagner ! » (L’art de la guerre). Le stratège doit plus précisément porter sa réflexion sur cinq dimensions de la guerre : la doctrine, c’est-à-dire les valeurs qui unifient la pensée et donnent le courage de combattre ; le temps, afin d’agir au moment idoine ; l’espace, soit le terrain des batailles ; le commandement, pour réussir à s’attacher les hommes qui l’accompagnent ; la discipline, pour connaître l’étendue des moyens et des choix qui s’offrent à lui. En clair, pour Sun Tzu, le stratège doit avoir une connaissance très avancée de l’environnement, de l’ennemi ainsi que de lui-même. Ce savoir exhaustif doit selon lui garantir la victoire : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux ».

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L’art de la guerre de Sun Tzu demande de la rigueur et de la ruse

L’art de la guerre consiste à la préparer avec beaucoup de rigueur. Selon Sun Tzu, le principe phare de la stratégie réside dans la préparation rigoureuse de la guerre et dans l’évaluation précise de la situation. Le bon stratège n’attaque que quand toutes les conditions de la victoire sont réunies. « Le commandant habile, écrit Sun Tzu, prend une position telle qu’il ne peut subir une défaite ; il ne manque aucune circonstance propre à lui garantir la maîtrise de son ennemi. Une armée victorieuse remporte l’avantage, avant d’avoir cherché la bataille ; une armée vouée à la défaite combat dans l’espoir de gagner » (L’art de la guerre). Le stratège doit plus précisément se mettre en situation de déterminer les circonstances des combats (notamment le lieu et l’heure), afin de s’assurer un rapport de forces favorable là où la bataille aura lieu. Dans le détail, cinq conditions permettent de lui conférer cet avantage : la sanctuarisation de sa propre base logistique ; l’entraînement des troupes au mouvement, qui sert aussi à brouiller les pistes de l’adversaire ; la connaissance des données du combat (troupes, logistique, terrain, etc.) sur le bout des doigts ; un réseau d’espions et d’informateurs ; des simulations pour tester les réactions de l’adversaire. Enfin, Sun Tzu insiste sur la nécessité d’entretenir la cohésion des troupes en se montrant juste et en y excitant la haine de l’ennemi.

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L’art de la guerre a pour finalité idéale de vaincre sans combattre. Sun Tzu ne conçoit pas la victoire totale dans laquelle l’ennemi est anéanti comme le sommet de l’art de la guerre. Si le stratège à l’opportunité de détruire l’ennemi, il peut le faire ; mais le soumettre par la ruse est bien préférable. « Ne cherchez pas, prévient Sun Tzu, à dompter vos ennemis au prix des combats et des victoires […]. Il faut plutôt subjuguer l’ennemi sans donner bataille : ce sera là le cas où plus vous vous élèverez au-dessus du bon, plus vous approcherez de l’incomparable et de l’excellent » (L’art de la guerre). Idéal difficilement réalisable, la soumission de l’ennemi sans combat signifie toutefois que le stratège doit optimiser ses ressources en cherchant surtout à nuire à l’adversaire. Il doit ainsi rester insaisissable dans ses intentions et dans ses actions, tout en intoxiquant la réflexion adverse avec de fausses informations. La propagande est effectivement pour Sun Tzu une dimension cruciale de l’art de la guerre, car elle a le pouvoir de rendre l’ennemi incapable de combattre. Dès lors, aucune manipulation n’est trop immorale pour le stratège génial : instiller la détestation des chefs au sein de l’armée adverse, propager des rumeurs de trahison dans l’entourage du commandement, envoyer des espions, recruter des espions et des traîtres ennemis, etc.

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