Mein Kampf Résumé Hitler

Ma synthèse de Mein Kampf est également disponible en vidéo.

Avertissement : je suis bien conscient de l’intensité des souffrances nées des horreurs incomparables de la Seconde Guerre mondiale ; je suis sensible à ces souffrances et je valorise leur mémoire. Cependant, j’invite le lecteur à suspendre sa réaction émotionnelle à mon initiative pour considérer les éléments suivants :

1° ce devrait être une évidence, mais que je synthétise Mein Kampf n’implique pas que j’approuve les idées qui y sont développées (sinon on ne pourrait parler que des choses avec lesquelles on est d’accord) – c’est en réalité tout le contraire, je le fais pour nuire à ces idées dont le caractère haineux occulte la fausseté ;

2° j’estime que mon travail leur nuit parce qu’en pratique la censure[1] renforce Mein Kampf : le désir humain étant amplifié par l’obstacle, taire les idées d’Hitler et retenir les curieux de s’y intéresser ne peut être que contre-productif ; à faire cela, on finit par envelopper l’idéologie nazie du mystère d’une vérité cachée tout en occultant ce qu’elle est fondamentalement, un délire irrationnel ;

3° mon travail nuit d’autant plus aux idées de l’ouvrage que je ne retranscris pas le propos d’Hitler en lecteur impartial – ce serait probablement trop difficile – mais en en soulignant, et parfois en en moquant la haine gratuite, la médiocrité, et je crois bien la démence.

En conclusion, si vous pensez comme moi qu’un monde où les idées de Mein Kampf reculent est un monde meilleur ; et si, comme moi, vous êtes plus attachés aux résultats concrets qu’aux postures morales, alors je fais le pari que vous comprendrez, voire que vous soutiendrez (en pensée ou en commentaire) mon initiative.

D’ailleurs, n’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires 🙂

Bonne lecture.

Romain Treffel

 

Le putsch[2] a échoué.

Le mouvement est dissout et interdit.

Le 1er avril 1924, son chef entre en prison, où il rentre en lui-même pour méditer son destin et son engagement politique.

Pour mettre en perspective son « combat ».

Il était une fois un petit Adolf

Adolf Hitler croit au destin.

Dur comme fer.

C’est le destin qui l’a fait naître à Branau-sur-Inn (en 1889), une ville à la frontière de l’Autriche et de l’Allemagne historiquement animée par un fort sentiment anti-français, comme pour symboliser la grande tâche de sa vie : réunir les deux États afin d’y rassembler tous les Allemands.

C’est le destin qui l’a fait chef.

Élève doué mais indiscipliné, il sèche les cours, traîne dehors, où il se découvre une étonnante capacité à convaincre ses camarades lors de leurs nombreuses disputes. Ce talent oratoire précoce fait de lui le meneur naturel de sa bande.

Ses mauvaises fréquentations désespèrent sa mère au foyer et attisent le conflit avec son père, un fonctionnaire (contrôleur des douanes) très consciencieux.

Hitler a de lui un souvenir ambivalent : s’il admire son parcours, celui d’un campagnard parti à la ville avec ses maigres économies et les refrains dissuasifs du village, et qui s’est sacrifié au travail, tel un self-made-man, pour accomplir son rêve de devenir fonctionnaire – le fils admire cela, mais il garde un goût amer de son autoritarisme étriqué.

Le destin est une force, son père était une force contraire.

Adolf sera fonctionnaire, comme moi. Ainsi, il n’aura pas à affronter les mêmes difficultés, et il aura la sécurité.

C’est avec cette idée en tête qu’Alois Hitler place son fils dans une Realschule (l’équivalent du collège professionnel), où il pourra mettre à profit son goût pour le dessin.

Seulement, le garçon de douze ans rêve de devenir peintre.

L’homme de trente-cinq ans se souvient encore de la réponse : « Moi vivant, jamais ».

Le père est obstiné ; mais le fils a lui aussi le gène de l’obstination. Adolf fait une grève scolaire, sauf en géographie et en histoire.

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C’est qu’il aime l’histoire.

Il emprunte les livres et les magazines militaires de son père et se passionne pour la guerre franco-allemande de 1870, qui lui fait se poser la question de l’unité du peuple allemand.

Adolf aime une certaine histoire, un « roman national » comme on dit en France.

C’est par l’intermédiaire d’un agent, reconnaît le prisonnier, que le destin a semé en lui le sentiment national.

Il se souvient avec émotion de son prof d’histoire de la Realschule, un conteur génial, mais surtout un nationaliste exalté qui tient en haleine une classe de jeunes rebelles avec son prosélytisme et ses commentaires acerbes de l’actualité.

« C’est parce que j’ai eu un tel professeur que l’histoire est devenue ma matière préférée. C’est tout naturellement, mais sans la connivence consciente de mon professeur que je suis devenu un jeune rebelle. Mais qui aurait pu étudier l’histoire avec un tel professeur et ne pas devenir un ennemi de l’État dont les dirigeants exerçaient une influence si désastreuse sur la destinée de la nation germanique ? »[3] (Mein Kampf)

C’est grâce à ce professeur que le jeune Adolf a compris le véritable intérêt de l’histoire :

« Peu de professeurs comprennent que la finalité de l’enseignement de l’histoire n’est pas la mémorisation de quelques dates et faits ; que ça n’intéresse pas l’élève de connaître la date exacte d’une bataille, ou la date de naissance de tel ou tel maréchal ; et encore moins – ou alors de manière vraiment insignifiante – de savoir quand la couronne de ses pères a été placée sur le front d’un monarque. […] Étudier l’histoire signifie chercher et découvrir les forces qui sont les causes des événements historiques dont nous sommes les témoins. L’art de lire et d’étudier consiste à se remémorer l’essentiel et à oublier ce qui ne l’est pas. »

C’est donc de l’étude de l’histoire – une certaine histoire – que serait né le nationalisme racial de l’adolescent rebelle. Elle lui a très tôt inspiré son empathie pour les Allemands d’Autriche, où les tensions nationalistes les contraignaient à lutter pour l’expression de leur germanité.

Contaminé par les idées, il se politise alors rapidement : il adhère à une ligue germanique ; il porte un uniforme et refuse les symboles autrichiens ; il se met à saluer à l’allemande (en criant « Heil ! ») et à chanter les hymnes nationaux allemands.

C’est à l’âge de quinze ans, se souvient-il, qu’il comprend que le nationalisme authentique doit être fondé sur le concept de Volk (« peuple » en français, dans un sens ethnique et national).

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Il est difficile de ne pas interpréter le développement de cet extrémisme précoce comme le symptôme moral de malheurs personnels.

Son père, qui ne partageait d’ailleurs pas ses opinions et aurait donc pu être une influence modératrice, meurt alors qu’il a treize ans. Puis le jeune Adolf tombe très malade des poumons. Il est dispensé de Realschule pendant une année entière.

C’est le destin, encore lui, conclut le prisonnier.

La disparition du père et la maladie qui, aux dires du médecin, empêche le garçon de travailler dans un bureau suffisent à convaincre la mère d’abandonner le projet paternel. Et puis Adolf dessine vraiment bien, s’intéresse au théâtre et à l’architecture. C’est d’accord pour l’Académie des beaux-arts de Vienne.

Mais l’œuvre du destin ne faisait que commencer.

Quatre ans après le décès de son père, l’adolescent perd sa mère.

Est-ce anodin que la conscience politique d’Hitler soit née, et se soit développée, de son propre aveu, dans un espace de quelques années où se serrent trois drames personnels ? Le fait mérite d’être souligné.

À dix-huit ans, Adolf est orphelin et sans ressources, car toutes les économies familiales ont été consommées pour soigner sa mère. L’allocation qu’il perçoit est bien maigre, donc il doit travailler.

Il part pour Vienne.

Le destin est bien sévère pour son père : que dirait-il, s’il voyait son fils refaire son chemin, ce qu’il avait l’obsession de lui épargner ? N’avait-il pas assez souffert pour deux ?

Dans l’enfer viennois

Aux drames s’ajoute immédiatement un cuisant échec.

Meilleur élève de dessin de sa Realschule, Adolf est confiant dans sa capacité à réussir l’examen d’entrée des beaux-arts. Cependant, sa préférence pour le dessin architectural entraîne le refus du jury.

Qu’à cela ne tienne, il sera architecte en dépit de tous les obstacles.

Les années de misère l’endurcissent, faisant de l’adversité « sa nouvelle mère », et le convertissent au culte de la volonté : « La Déesse du Destin m’a serré dans ses mains et a souvent menacé de m’écraser ; mais la volonté est devenue plus forte à mesure que les obstacles s’aggravaient, et finalement la volonté a triomphé » (Mein Kampf).

Ce sont là, identifie le prisonnier qui se compare aux immigrés du rêve américain, les années décisives dans la construction de l’homme qu’il est.

C’est pourtant « la période la plus triste de [sa] vie ».

Sa misère d’alors tranche avec l’atmosphère festive de la capitale. Pendant cinq ans, il vit de travaux intérimaires, peint des brouilles ; il ne mange pas à sa faim, d’autant moins qu’il sacrifie une part de son revenu à la lecture (« Je n’avais pas d’autres plaisirs dans la vie que les livres. ») – il ne fait que travailler et lire, si bien qu’il se cultive énormément en seulement quelques années.

Hitler est un autodidacte qui voit à la lecture une finalité pratique : « La lecture n’est pas une fin en soi, mais un moyen de parvenir à une fin. Sa finalité principale est de donner une ossature à l’ensemble des talents et des capacités que possède chaque individu ». Lire sert donc à voir plus clairement les problèmes afin de les résoudre plus efficacement, ce dont sont bien incapables les érudits en pure perte tels que les parlementaires allemands (et bim).

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À Vienne, la pauvreté du jeune Adolf éveille en lui une conscience sociale. Les inégalités sociales criantes le dégoûtent de l’empathie hypocrite et des bonnes intentions de la bourgeoisie. La précarité des travailleurs, l’incertitude du pain quotidien sont à ses yeux la pire des choses.

Ce n’est probablement pas un hasard si sa double haine, envers le marxisme et le judaïsme, apparaît en même temps : « C’est au cours de cette période que mes yeux ont été ouverts à deux périls, dont j’ignorais pourtant quasiment les noms jusqu’alors, ainsi que leur terrible signification pour le peuple allemand. Ces deux périls étaient le marxisme et le judaïsme » (Mein Kampf).

Sa première haine naît au travail.

Quand il était ouvrier du bâtiment, des socialistes ont essayé de le syndiquer de force, mais il a refusé avec son obstination coutumière. Il décide plutôt de s’intéresser à leurs théories pour débattre avec eux à la pause déjeuner – or, ces syndicalistes conçoivent le débat comme une discussion entre gens du même bord, d’où son éviction physique, manu militari, du chantier.

Sa seconde haine naît dans la rue.

Alors qu’il n’avait connu qu’un seul Juif dans toute sa vie, un camarade de Realschule dont tout le monde se méfiait (ce qu’il ne comprenait pas), il aperçoit désormais au quotidien des Juifs en habits traditionnels.

Probablement excité par la littérature antisémite visant le développement du sionisme viennois, il devient obsédé au point de voir des Juifs partout : « Dès que j’ai commencé à étudier la question et à observer les Juifs, Vienne m’est apparue sous une lumière différente. Où que j’allasse désormais je voyais des Juifs, et plus j’en voyais, plus ils se distinguaient fortement et clairement des autres citoyens comme un peuple différent ».

Il s’agit d’une évolution radicale, car le prisonnier précise qu’il était auparavant… presque philosémite !

« Ce savoir a déclenché en moi la plus grande révolution intérieure que j’ai jamais connue. De cosmopolite au cœur tendre, je suis devenu un antisémite intégral. »

De fait, avant de vivre à Vienne, le jeune Adolf n’aimait pas entendre des remarques antisémites parce qu’il tolérait toutes les religions. Il trouvait que les Juifs se fondaient bien dans la masse, et qu’ils ne méritaient certainement pas d’être persécutés. Les journaux antisémites étaient à ses yeux une presse de caniveau.

Son père, lui non plus, n’était pas antisémite ; bien au contraire, il était plutôt cosmopolite, et il méprisait les antisémites comme des réactionnaires de bas étage, sans éducation. Là encore, il est difficile de ne pas voir le conflit avec le père comme une racine œdipienne de l’antisémitisme du fils – ce que le prisonnier admet lui-même, du reste.

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Les années viennoises ont donc bien été décisives dans la construction de la personnalité d’Hitler.

Son racisme et sa haine de l’étranger atteignent un paroxysme : « Ce conglomérat spectaculaire de races hétérogènes que présentait la capitale de la double monarchie, cet assortiment de Tchèques, Polonais, Hongrois, Ruthéniens, Serbes et Croates, etc. et toujours ce bacille qui est le solvant de la société humaine, le Juif, ici et là et partout – le spectacle tout entier me répugnait » (Mein Kampf).

Le prisonnier, lui, se prévaut de son expérience personnelle de la misère pour revendiquer une profonde empathie avec le peuple allemand : « Aujourd’hui, je remercie le destin de m’avoir mis à telle école ».

Le destin, encore lui.

La condition du jeune homme s’améliore à partir de 1909-1910 : il délaisse les missions intérimaires pour le dessin et la peinture à l’eau. Il rêve toujours de se faire un nom comme architecte – ce qui le fait passer pour un excentrique – et il commence à s’intéresser sérieusement à la politique, notamment au Parti chrétien-social autrichien de Karl Lueger.

Mais il ne peut plus mener une existence « à deux volets », la vie en Autriche et le cœur en Allemagne.

Hitler en Allemagne, puis au front

En 1912 (il a alors vingt-trois ans), Adolf arrive à Munich, où il vit petitement de la peinture. Il adore l’identité culturelle de la ville, « qui a attiré probablement toute personne dotée d’une sensibilité esthétique plutôt que d’un instinct mercantile » (Mein Kampf).

Il s’étonne cependant que les Allemands ne soient pas conscients, pas même les diplomates, du problème autrichien – ce qui donne au prisonnier l’occasion de digresser sur la politique d’alliances de l’Allemagne.

Il continue d’étudier le marxisme, ses liens fantasmés avec le judaïsme, et il en arrive à la conclusion que le paradigme marxiste a contaminé tout le monde.

Mais le destin frappe à nouveau : la Première Guerre mondiale met fin à ses « études ».

Le nationaliste en lui est enthousiaste à l’idée de vivre ce qu’il conçoit comme une guerre pour l’existence et la liberté de la nation allemande. Il estime que les masses n’ont pas été forcées ; qu’elles ont même voulu le conflit un peu comme le moyen ultime de trancher les problèmes intérieurs.

Il ressent un appel intérieur : « J’avais si souvent chanté “Deutschland über Alles” et si souvent hurlé “Heil” que je pensais maintenant que c’était comme une sorte de grâce rétroactive qu’on m’accordait le droit de comparaître devant la Cour de justice éternelle pour témoigner de la vérité de ces sentiments ».

Il demande alors à servir dans un régiment bavarois, et il apprend son admission en tremblant : « Pour moi, comme pour tout Allemand, la période la plus mémorable de ma vie commença ».

Il craint d’arriver trop tard pour les combats, mais son enthousiasme retombe vite devant la réalité du champ de bataille. Malgré la peur, omniprésente, il résiste comme un vieux soldat et vit la fraternité militaire au plus profond de lui-même. Le sacrifice du peuple allemand dont il est le témoin décuple sa haine de la classe politique et de la presse, qui tolèrent les efforts des marxistes contre l’union nationale.

Il comprend en particulier l’importance cruciale de la propagande, dont l’armée allemande fait un usage trop limité et maladroit, au contraire des Britanniques, des Américains, et… des marxistes, passés maîtres en la matière.

C’est la faiblesse morale de la nation allemande – tout particulièrement dans les deux dernières années – qui lui a coûté la guerre.

Il arrive au soldat Adolf de fantasmer : que serait-il passé s’il avait pu, lui, diriger la propagande allemande ? Le destin n’aurait-il pas raté le coche ?

« De plus en plus, j’étais tourmenté par l’idée que si la Providence avait mis la direction de la propagande allemande dans mes mains, plutôt que dans celles de ces ignorants et faibles incompétents, et même criminels, l’issue du combat aurait été différente. » (Mein Kampf)

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Sur le champ de bataille, le sifflement de balles ne relègue pas ses obsessions racistes à l’arrière-plan : il angoisse à l’idée d’être tué par la balle d’un homme noir.

Il est finalement blessé en octobre 1916 (on ne connaît pas la couleur de peau du tireur), ce qui l’oblige à rentrer.

Il voit des complots antinationaux partout (délire post-traumatique ?) : les agitateurs et les mutins de l’hôpital, qu’il imagine manipulés par des Juifs qui ne sont pas allés au front ; ensuite, à Berlin, les fonctionnaires du gouvernement, qui seraient tous juifs ; les commerçants, qui seraient également tous juifs ; en 1916-1917, toute la production du pays serait sous contrôle… juif, et gérée dans le seul but de diviser la population ; la grève de l’armement de 1917 n’est rien d’autre, à ses yeux, qu’un complot judéomarxiste.

Bref, le soldat Hitler a les fils qui se touchent.

Il est préférable qu’il retourne au front, ce qu’il fait volontairement en mars 1917.

Une attaque de gaz moutarde le renvoie à l’hôpital en octobre 1918, où il pleure à l’annonce du remplacement de l’Empire par la République après la révolution de novembre.

S’ensuit une courte dépression au cours de laquelle mûrit sa haine des hommes politiques.

C’est le destin qui s’infléchit, mais ça reste le destin.

Toujours le destin.

C’est l’histoire qui ruse, dirait Hegel.

La guerre terminée, demeure la solidarité du front.

On se met à parler politique.

Romain Treffel

>> Résumé de Mein Kampf (2/3) – La politique
>> Résumé de Mein Kampf (3/3) – Vision du monde


[1] L’arrêt du 11 juillet 1979 de la cour d’appel de Paris autorise la vente du livre en France (sur la base de son intérêt historique et documentaire) à la condition que le texte original soit précédé d’un avertissement détaillé.

[2] Le putsch de la Brasserie, ou putsch de Munich est une tentative de prise du pouvoir par la force menée par Hitler et le Parti national-socialiste dans la soirée du 8 novembre 1923. L’entreprise a été un échec total, de telle sorte que le leader nazi a purgé treize mois de prison, jusqu’en décembre 1924.

[3] J’ai traduit moi-même tous les passages cités dans l’article depuis l’anglais à partir de la version de James Murphy (1939), disponible en version Kindle sur Amazon.com.

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