Mein Kampf Résumé Hitler

Ma synthèse de Mein Kampf est également disponible en vidéo.

Si cet article est le premier sur lequel vous tombez, je vous invite à lire l’avertissement au début de « Mein Kampf – Enfance et formation (1/3) ».

 

Au commencement était l’Aryen, le « Prométhée de l’humanité ».

« Chaque manifestation de la culture humaine, chaque produit de l’art, de la science et de la technique que nous voyons aujourd’hui sous nos yeux est presque exclusivement le produit du pouvoir créatif aryen. Ce fait même justifie la conclusion que c’est l’Aryen seul qui a fondé un type supérieur d’humanité ; il représente donc l’archétype de ce que nous entendons par le terme : l’homme. » (Mein Kampf)

Rien que ça.

Quelle est l’origine de cette influence ?

De très petites tribus aryennes, raconte le prisonnier, ont conquis autrefois les peuples inférieurs, puis les ont soumis au travail manuel, tandis qu’elles développaient, elles, leurs capacités intellectuelles et d’organisation.

Seulement, des Aryens ont craqué et se sont mélangés – c’est allé plus loin que le serrage de main – avec des individus des races inférieures, compromettant ainsi la pureté de la leur.

C’est un peu le péché originel version nazie.

L’Aryen n’est plus (trop de mélanges), mais il resterait des traces de son passage : « Après mille ans ou plus, les dernières traces visibles de ces anciens maîtres peuvent alors être trouvées dans une teinte plus claire de la peau que le sang aryen avait léguée à la race soumise, et dans une culture fossilisée dont ces Aryens avaient été les créateurs originaux ».

Le sang aryen, transmis de génération en génération, est même le plus grand trésor de l’Allemagne.

Il n’est pas impossible, ajoute Hitler, que nos géniaux maîtres passés repassent nous voir.

C’est d’autant plus souhaitable que le progrès de l’humanité est intimement dépendant de cette élite ultra minoritaire – si son apport vient à disparaître, nous sommes perdus, le monde deviendra un désert.

Inversement, l’Aryen a besoin des races inférieures pour les tâches manuelles et subalternes, de telle sorte que nous avons pour lui la valeur de bêtes de sommes, ou de simples outils pour le progrès de la civilisation : « Pour l’établissement de types supérieurs de civilisation, les membres des races inférieures constituaient l’une des conditions préalables les plus essentielles ».

Il nous sacrifie donc, mais il se sacrifie surtout lui-même pour la même finalité.

L’Aryen n’est pas mû par son intérêt personnel ; il est incapable de nuire à sa communauté, dont il fait toujours passer l’intérêt avant le sien.

Il est animé par un puissant idéalisme : « L’empressement à sacrifier son travail personnel, et même sa vie, si nécessaire, pour les autres prend sa forme la plus développée dans la race aryenne. La grandeur de l’Aryen n’est pas basée sur ses pouvoirs intellectuels, mais plutôt sur sa volonté de consacrer toutes ses facultés au service de la communauté ».

C’est son sens du sacrifice qui fait de l’Aryen un fondateur de culture.

Les peuples qui adaptent cette culture originelle à leurs caractéristiques – Hitler donne l’exemple du Japon – sont des porteurs de culture.

Reste la troisième catégorie de l’humanité, les destructeurs de culture.

La primauté de la race

La suprématie de l’Aryen est conforme à la nature, explique le prisonnier, même si la plupart des hommes sont aveugles à ses principes.

Les Juifs – oui, ce sont eux – ont répandu le fantasme du contrôle de la nature, mais l’homme peut seulement découvrir les lois naturelles, et non pas les entraver, les altérer, voire en créer.

Faisant dans le darwinisme de comptoir, Hitler argue de l’existence d’une pression naturelle chez les animaux en faveur du maintien de la pureté de la race, ce qui assurerait la prévalence des individus les plus sains (en force et en santé) et la transmission de leurs avantages. En revanche, le mélange des races signerait la perte de ces avantages, et à long terme la dégénération physique et mentale.

C’est pareil pour les civilisations : elles périclitent par l’adultération du sang et la détérioration de la race supérieure (CQFD).

Agent de la nature, le principe aristocratique hiérarchise les races en fonction de leurs capacités intrinsèques. L’intelligible naissant de l’expérience intérieure, seuls certains peuples et certaines races émettent certaines idées : « Les caractéristiques internes d’un peuple sont toujours les causes qui déterminent la nature de l’effet que les circonstances extérieures ont sur lui. Ce qui en réduit un à la famine entraîne un autre à un travail plus dur » (Mein Kampf).

Le phénomène serait également valable à l’échelle individuelle : le véritable génie est purement inné, car il exprime la race – il ne résulte pas de l’éducation ou de l’entraînement[1].

Bref, la race est à la source de tout.

L’histoire s’explique intégralement, s’emporte le prisonnier, par la pression naturelle à la préservation de la race : « Tout événement historique dans le monde n’est ni plus ni moins qu’une manifestation de l’instinct de conservation de la race, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire ».

Or, parce qu’elle ignore et perturbe les forces de la nature, c’est-à-dire l’enjeu crucial de la pureté raciale, l’humanité court à sa perte ; elle est sur le point de gâcher l’héritage aryen, ce qui signerait le retour de la barbarie : « Dans un monde qui serait composé de bâtards et de nègres, tous les idéaux de beauté et de noblesse humaine, et tous les espoirs d’un avenir idéal pour notre humanité seraient perdus à jamais ».

Le déclin de l’Allemagne, en particulier, s’explique fondamentalement par la même raison.

Et le coupable est tout trouvé (son nom commence par un J).

Le complot juif

Le Juif est responsable de tous les maux.

La raison en est simple : il est l’antithèse de l’Aryen.

Il ne connaît que l’intérêt personnel : « Les Juifs n’agissent de concert que lorsqu’un danger commun les menace ou qu’une proie commune les attire » (Mein Kampf). Les principes qui les unissent ne sont pas spirituels, mais pratiques et économiques.

Si le prisonnier reconnaît leurs capacités intellectuelles, il précise qu’elles sont le fruit d’autres civilisations, puisque les Juifs n’ont ni culture, ni les moyens d’en créer une – ils détruisent la culture créée par les Aryens.

Dès lors, en faisant un zoom arrière, le destin de l’humanité se résume à la lutte à mort entre l’Aryen et le Juif : « Une chose est certaine : notre monde est confronté à une grande révolution. La seule question est de savoir si le résultat sera favorable à la partie aryenne de l’humanité ou si le Juif éternel en profitera ».

Le destin d’Hitler n’est pas plus compliqué : « Je crois donc aujourd’hui que ma conduite est conforme à la volonté du Créateur tout-puissant. En me tenant debout contre le Juif, je défends l’œuvre du Seigneur ».

C’est tout pour l’”originalité” de son antisémitisme ; pour le reste, c’est du réchauffé.

Il donne tout d’abord leur place aux clichés les plus grossiers (qui signalent de manière évidente la désignation d’un bouc émissaire[2]) : les Juifs ont peur de l’eau ; ils puent, et ils s’habillent mal. Il reprend la traditionnelle image du parasite : « L’effet produit par sa présence est aussi celui du vampire, car là où il s’établit, les gens qui l’accueillent sont voués à être saignés à mort tôt ou tard ». Enfin, il les accuse, comme beaucoup d’autres avant lui (et après), d’organiser la prostitution et l’esclavage.

Il disserte sur la prétendue aptitude juive à la manipulation. Qualifiant les Juifs, selon l’expression (probablement apocryphe) de Schopenhauer, de « grands maîtres du mensonge », il affirme que la parole leur sert à dissimuler leur pensée, de telle sorte qu’il faut toujours lire entre les lignes pour comprendre leurs véritables intentions. Ils sont par essence des illusionnistes intellectuels malhonnêtes qui gagnent les débats grâce à leur « perfidie dialectique » et à leurs « talents sataniques ».

« Leur bouche elle-même déformait la vérité […] J’en suis venu à les haïr. »

Il est simplement impossible de s’entendre avec un Juif ni de le sauver de ses idées fixes (Hitler prétend avoir pourtant essayé).

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Pour le prisonnier, cette propension à la tromperie est sans limites.

Tout est manipulation : quand les Juifs s’assimilent dans l’administration, c’est en réalité pour servir leurs intérêts particuliers ; quand ils défendent le fédéralisme allemand, c’est pour dissimuler leur enrichissement pendant la guerre ; prétendent-ils fonder un État juif, qu’ils construisent en réalité « une organisation centrale pour leurs escroqueries et tricheries internationales », allant même jusqu’à créer de toutes pièces de faux conflits entre sionistes et libéraux pour accréditer leur projet.

Le but ultime du complot juif, croit savoir Hitler, est d’abâtardir les autres races. Les Juifs encouragent leurs adolescents à cibler les jeunes Aryennes pour corrompre leur sang, et ils importent des individus des races inférieures dans les pays de race blanche pour provoquer un mélange qui abaissera le niveau culturel[3].

« Il [le Juif] ne reculera devant rien. Son comportement si bas est si effroyable qu’on ne peut vraiment pas être surpris si, dans l’imagination de notre peuple, le Juif est représenté comme l’incarnation de Satan et le symbole du mal. »

Tous les moyens sont bons pour parvenir à la domination mondiale.

Hitler fait référence au plus célèbre pamphlet antisémite, les Protocoles des Sages de Sion, parce qu’il a une preuve irréfutable de son authenticité : si la grande presse, sa boussole sud, a démontré que c’est un faux, alors c’est forcément un vrai (CQFD).

Il synthétise la sédentarisation des Juifs en Allemagne de la manière suivante : ils se sont d’abord faits marchands (ils sont par essence des intermédiaires), puis ils ont rapidement acquis des monopoles dont ils ont abusé ; pour se le faire pardonner, ils se sont alors fait passer pour des bienfaiteurs de l’humanité, notamment en infiltrant les francs-maçons (qui ont leur part dans tout complot qui se respecte) pour plaider la tolérance et lever les restrictions qu’ils s’étaient attirées.

En conclusion, ils contrôlent tout : la production, la bourse, la presse, la nation.

Ils sont derrière la division du travail et la dévalorisation des métiers manuels (pourtant valorisés dans la tradition allemande) dont le travailleur allemand fait les frais.

Ils tiennent déjà les cordons de la bourse américaine, nouveau centre de pouvoir du capitalisme mondial.

Mais surtout… ils jouent sur tous les tableaux !

Le capitalisme, c’est eux ; l’anticapitalisme, c’est encore eux !

En même temps qu’ils manipulent les bourgeois pour se protéger, ils s’attirent la sympathie des travailleurs avec le socialisme, qui n’est qu’une pâle copie de l’idéalisme aryen.

Hitler n’est pas dupe de l’instrumentalisation du marxisme par les Juifs : « Les marxistes ont créé l’arme économique que le Juif international utilise pour détruire les fondations économiques des États nationaux libres et indépendants, pour ruiner leur industrie nationale et leur commerce, et ainsi asservir les nations libres au profit de la finance mondiale juive, qui transcende toutes les frontières étatiques ».

Le complot est donc plus précisément « judéomarxiste ».

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En rassemblant toutes les pièces du puzzle, le Juif apparaît comme la seule et unique cause du déclin allemand.

Et il n’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas détruit l’Allemagne : « À l’heure actuelle, le Juif est le grand agitateur pour la destruction complète de l’Allemagne. Chaque fois que nous lisons que des attaques contre l’Allemagne ont lieu dans n’importe quelle partie du monde, le Juif en est toujours l’instigateur » (Mein Kampf).

Il manipule les opinions publiques des nations pour nuire à l’Allemagne. Il incite les diplomaties de la France et de l’Angleterre à réveiller les dissensions entre l’Allemagne du nord et l’Allemagne du sud. Il excite les controverses sur l’identité culturelle allemande afin d’affaiblir l’unité nationale. Il pratique également le « diviser pour régner » à l’égard des catholiques et des protestants, pourtant capables d’une tolérance mutuelle.

Mais la domination économique et l’influence politique ne lui suffisent plus ; il veut soumettre les autres peuples politiquement.

Son coup de maître, c’est la mise sous contrôle de la démocratie.

La démocratie (juive)

La démocratie donne le pouvoir à des hommes lâches.

Les démocrates décident la guerre, mais ce sont les nationalistes qui la font – en récompense, les politiciens sociaux-démocrates négligent la question nationale.

Hitler compare le peuple démocratique à la femme, qui n’obéit pas à la raison parce qu’elle a besoin d’être soumise à la force.

Les masses sont à ses yeux foncièrement stupides : « Est-ce que quelqu’un croit honnêtement que le progrès humain peut naître dans le cerveau composite de la masse ? » (Mein Kampf).

Mais le pire est le parlementarisme.

Ayant été lui-même témoin de la nullité des débats et des absences massives ; ayant ri des gesticulations théâtrales des parlementaires, le prisonnier condamne le parlement dans son essence. Intrinsèquement corrompue et décadente, la « vermine parlementaire » ne se soucie guère que de la préservation de son train de vie.

Si la démocratie parlementaire annihile la capacité au commandement, qui repose sur la sincérité, c’est parce qu’elle est en contradiction avec le principe aristocratique de la nature.

C’est d’ailleurs la lâcheté généralisée du système qui rend possible l’infiltration du marxisme : « La démocratie est le terrain de culture dans lequel les bacilles de la peste marxiste mondiale peuvent se développer et se répandre ».

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Mais surtout, ce sont toujours les mêmes qui tirent les ficelles.

Après les avoir traqués partout, Hitler les a encore trouvés derrière la démocratie, leur cheval de Troie qu’ils contrôlent, comme à leur habitude, dans l’ombre.

« Mon long combat intérieur prit fin [avec cette révélation] », écrit-il.

Les Juifs pilotent la démocratie grâce à leur habileté à manipuler l’opinion publique : « Seuls les Juifs savaient que par une utilisation efficace et persistante de la propagande, le ciel lui-même peut être présenté au peuple comme si c’était l’enfer et, inversement, la vie la plus misérable peut être présentée comme si c’était le paradis. Les Juifs savaient cela et agissaient en conséquence ».

En pratique, ce pilotage s’exerce par l’intermédiaire de la culture et de la presse, où la prépondérance juive agit comme un « poison moral ».

Tous les journalistes des grands journaux sont juifs ; ils valorisent systématiquement ce qui est produit par leurs coreligionnaires, et ils dévalorisent ce qui l’est par des Allemands ; ils s’extasient devant la culture française pour mieux humilier l’Allemagne ; ils calomnient systématiquement les hommes de caractère, ou supérieurement intelligents, qui refusent de s’aligner sur leurs projets (hum… à qui peut-il bien penser ?) ; ils lancent des campagnes contre les pays qu’ils ne réussissent pas à subvertir de l’intérieur, comme le Japon.

Le moindre fait divers est bon pour contaminer l’esprit de la race et de la nation : « De temps en temps, nos journaux illustrés publient, pour l’édification du philistin allemand, les nouvelles selon lesquelles, dans un quartier ou l’autre du globe, et pour la première fois dans cette localité, un Noir est devenu un avocat, un professeur, un pasteur, même un grand ténor d’opéra ou autre chose de ce genre. Tandis que le bourgeois moyen lit avec une admiration stupéfaite l’article qui lui dit à quel point les réalisations de notre technique éducative moderne sont merveilleuses, le Juif le plus rusé voit dans ce fait une nouvelle preuve à utiliser pour la théorie avec laquelle il veut infecter le public, à savoir que tous les hommes sont égaux ».

Bref, du parlementaire corrompu indifférent au sort de la nation à l’électeur dont le cerveau baigne dans la propagande juive, la démocratie allemande est pourrie jusqu’à la moelle.

L’éducation des masses

Il faut combattre le mal par le mal, la propagande par la propagande.

Hitler veut battre la démocratie à son propre jeu.

Le salut de la race allemande commence dans les têtes.

De fait, les masses démocratiques sont sentimentales, irrationnelles, et irrésolues, telle « une foule vacillante d’enfants qui hésite en permanence entre une idée et une autre » – elles sont donc aussi bêtes que malléables.

Très sensible au pouvoir de la propagande, et convaincu qu’elle est le paramètre crucial de son combat, le prisonnier fait un petit cours de « communication politique ».

Comme le peuple ne pense pas, le message ne doit pas être conceptuel, mais extrêmement simple, idéalement au niveau des individus les plus limités intellectuellement – le but n’est pas d’instruire, mais d’attirer et de retenir l’attention des masses.

Le premier facteur d’une propagande efficace est de tout concevoir d’un seul et unique point de vue. Ainsi, la propagande de guerre ne doit pas traiter d’esthétique ou d’humanité, mais se contenter de justifier les moyens nécessaires à la survie de la nation, par exemple en mettant toute la responsabilité du déclenchement du conflit sur le dos de l’ennemi.

Le second facteur est de répéter inlassablement des formules stéréotypées : « Seule une répétition constante réussira finalement à imprimer une idée dans la mémoire de la foule » (Mein Kampf).

Enfin, la propagande la plus efficace est la propagande orale.

Admiratif à cet égard des marxistes, qui ont propagé leurs thèses par les discours et les manifestations de masse, Hitler croit au pouvoir hypnotique de la parole. Il pratique lui-même la « suggestion de masse » ; il orchestre la contagion des impressions dans l’audience.

Il s’agit véritablement, pour lui, de soumettre l’auditoire : toutes les conférences du parti ont lieu en soirée pour la simple et bonne raison que la volonté de l’assistance est moins ferme.

Le grand orateur est en osmose avec la masse soumise. En lisant sur les visages, il connaît la réaction de ses destinataires en temps réel et s’adapte ainsi à leur état d’esprit.

En comparaison, il est impossible de toucher les masses uniquement par l’écrit, ce qui explique l’influence limitée de la presse bourgeoise.

« Toutes les révolutions historiques vraiment importantes n’ont pas été produites par l’écrit – il les a tout au plus accompagnées »[4].

Les intellectuels, ces « combattants de la plume », sont allergiques à la propagande parce qu’ils n’en saisissent pas l’enjeu.

L’État au service de la race

Pédagogue, Hitler met en balance trois théories de l’État : celle selon laquelle sa seule existence suffit à le légitimer ; celle des bourgeois, qui le soumet à certaines fins (l’efficacité économique, le bien des sujets, etc.) ; et enfin, celle qui en fait un outil au service d’un groupe ethniquement homogène.

C’est sans surprise la troisième qui a sa préférence ; mais, sans surprise également, elle ne va pas assez loin à son goût.

S’irritant que les Juifs allemands partis aux États-Unis y soient recensés comme des Allemands, il refuse par exemple que la langue suffise à germaniser l’individu.

La nationalité ne peut pas être séparée de la race : « L’enfant d’un Noir qui vivait autrefois dans un des protectorats allemands et qui s’installe aujourd’hui en Allemagne devient automatiquement un “citoyen allemand” aux yeux du monde. De la même manière, l’enfant d’un Juif, d’un Polonais, d’un Africain, ou d’un Asiatique peut automatiquement devenir citoyen allemand. […] Le processus d’acquisition des droits civiques n’est pas très différent de celui de l’admission dans un club automobile, par exemple » (Mein Kampf).

Car c’est bien simple, la finalité de l’État est la préservation et l’amélioration de la race : « Les États qui ne servent pas cet objectif n’ont aucune justification pour leur existence. Ce sont des monstruosités. Le fait qu’ils existent n’est pas plus une justification que le succès des raids menés par une bande de pirates ne peut être considéré comme une justification de la piraterie ».

La race est le contenu, l’État le vecteur, rabâche-t-il – or, c’est le contenu qui prime.

« Il est évident qu’un peuple doté d’un pouvoir créatif élevé dans le domaine culturel vaut plus qu’une tribu de nègres. Et pourtant, l’organisation étatique de la première, si elle est jugée du point de vue de l’efficacité, peut être pire que celle des nègres. ».

Il est dès lors légitime de se révolter contre l’État s’il exerce son autorité au détriment de la race, dont les droits sont au-dessus de tout.

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Organisation calquée sur celle du parti, l’État incarne une entité raciale, « une communauté d’êtres vivants qui ont une nature physique et spirituelle similaire, organisée dans le but d’assurer la conservation de leur propre espèce et d’aider à réaliser les fins que la Providence a assignées à cette race ou à cette branche raciale particulière » ; et non pas une ambition économique. Les partisans de la théorie bourgeoise croient que l’Angleterre a conquis sa suprématie par le commerce, mais c’est en réalité la solidité étatique préalable qui a permis ce succès.

Inversement, c’est l’absence d’homogénéité – notamment ethnique – qui a fait éclater l’Empire autrichien et qui rend l’Allemagne si fragile en temps de crise. Un certain degré de centralisation administrative est nécessaire comme reflet de l’unité du pouvoir, de telle sorte que les États fédérés allemands devraient se contenter, selon le prisonnier, d’une autonomie ethnique et culturelle.

L’entité raciale étatique naît, théorise Hitler, de la manifestation des qualités héroïques propres à la solidarité raciale. Sa cohésion est dépendante de ces vertus morales originelles, sans lesquelles elle est vouée à la dissolution. En clair, l’État racial se maintient tant que l’individu est animé par le sens aryen du sacrifice. C’est par exemple la disparition de cet idéal après deux années de combat qui explique la défaite de l’armée allemande.

Étant donné les adultérations de la race aryenne, l’État allemand a pour priorité de mettre fin à l’abâtardissement. À l’image de ce que font les éleveurs avec les animaux, ou, moins radicalement, de la politique d’immigration des États-Unis (sur critères de santé), il devra prendre des mesures pour favoriser la procréation des individus de race pure, et inversement prévenir celle des autres. L’Église devra inciter les races inférieures à préférer l’adoption, plutôt que de les évangéliser.

Dans le détail, Hitler imagine d’inciter fortement au mariage afin de faire reculer la prostitution, qu’il estime proportionnelle à l’influence juive (hasard ?) : « La prostitution est une honte pour l’humanité et ne peut être éliminée par de simples méthodes caritatives ou académiques. Sa restriction et son extermination finale présupposent la suppression de toute une série de facteurs. Le premier remède doit toujours être d’établir les conditions qui permettront les mariages précoces, en particulier pour les jeunes hommes – car les femmes ne sont, après tout, que des sujets passifs en la matière ».

Critiquant l’amour de raison qui s’impose avec la mentalité mercantile, il conçoit le mariage dans la seule perspective de la conservation et de l’épanouissement de la race.

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Pour assurer sa survie, l’État racial détruira purement et simplement toutes les influences délétères.

Fini la liberté de la presse, une couverture pour manipuler l’opinion publique et préparer le peuple à devenir l’esclave de la finance internationale juive – la presse sera désormais muselée pour servir l’État et la nation. Fini la pollution culturelle dans la scène, l’art pictural[5], la littérature, le cinéma, la presse et les affiches publicitaires – toute la culture sera soumise au filtre de l’idéologie nationale. Fini la franc-maçonnerie, et les sociétés secrètes en général.

Tout simplement, aucune influence supra nationale ne sera tolérée. L’ennemi politique intérieur, le marxisme internationaliste, sera anéanti.

Hitler admire Mussolini pour avoir pris les mesures nécessaires sans trembler : « Ce qui place Mussolini dans les rangs des grands hommes du monde, c’est sa décision de ne pas partager l’Italie avec les marxistes, mais de racheter son pays du marxisme en détruisant l’internationalisme ».

D’une intolérance radicale à l’encontre des influences contraires à l’intérêt de la race, l’État allemand aura en revanche soin de diffuser la sienne propre.

L’éducation au service de la race

« Il est stupide de penser que le droit de l’État de superviser l’éducation de ses jeunes citoyens prend fin soudainement au moment où ils quittent l’école, et ne reprend qu’avec le service militaire. Ce droit est un devoir et, en tant que tel, il doit se poursuivre sans interruption. » (Mein Kampf)

Cette éducation sert à graver la primauté de la race dans l’esprit du jeune Allemand et à le conditionner, en s’inspirant des valeurs de l’armée, à se soumettre aveuglément à l’autorité.

En pratique, elle doit aussi favoriser l’épanouissement de la race.

Le risque principal est de dégénérer la jeunesse en survalorisant l’enseignement intellectuel (les intellectuels sont des dégénérés avec des fantasmes de dégénérés) au détriment de l’entraînement physique : « Notre système éducatif perd entièrement de vue le fait qu’à long terme un esprit sain ne peut exister que dans un corps sain. […] L’intellectualisme exclusif de l’éducation en vogue parmi nos classes supérieures les rend inaptes à la lutte de l’existence à une époque où la force physique, et non l’esprit, est le facteur dominant ».

Les corps des garçons doivent donc être façonnés et endurcis par le sport (la boxe, par exemple), tandis que les filles seront incitées, dans une perspective eugéniste, à accentuer leur féminité (par l’habillement, notamment) pour séduire les jeunes Aryens.

Sur le plan des connaissances, il faut bannir l’érudition stérile au profit d’une histoire nationale simplifiée, réécrite dans la perspective de la race, et biaisée vers la glorification de grandes figures patriotiques (comme ont réussi à le faire les Français). Les histoires de la Grèce et de la Rome antiques (également à réécrire du point de vue de la race) sont plus utiles que les sciences modernes appliquées, à réserver aux spécialistes.

Sur le plan moral, l’État racial visera à développer chez ses sujets les traits de caractère nobles (comme le silence, si crucial sur le champ de bataille), préférables à la culture chrétienne de la repentance.

L’éducation ne peut certainement pas transformer un individu du tout au tout (« Le délinquant sera toujours un délinquant. »), mais elle peut changer la donne s’il n’est pas irrécupérable. Inversement, la mauvaise éducation du citoyen a des conséquences potentiellement fatales, comme le montrent la faiblesse morale et l’irrésolution qui sont les racines profondes de la défaite de 1918.

Conscient de l’enjeu, Hitler imagine donc de faire dépendre l’acquisition de la citoyenneté du parcours éducatif. Le jeune Aryen ne deviendra citoyen de l’État racial qu’après être passé par l’école, les associations sportives, et l’armée. Ses droits civiques lui seront remis lors d’une cérémonie solennelle où il devra prêter serment. La jeune Aryenne, elle, n’obtiendra la citoyenneté qu’au mariage, sauf si elle est indépendante financièrement.

L’État abritera ainsi trois types d’habitants : ses citoyens, tous sortis du même moule ; ses sujets, dépourvus de droits civiques ; et enfin des étrangers, citoyens d’un autre État.

Une économie nationaliste et socialiste

Pour Hitler, l’économie n’est pas la racine des problèmes ; elle n’est donc pas sa priorité – mais il ne la néglige pas pour autant.

Son analyse de l’effondrement du Deuxième Reich insiste d’ailleurs sur des facteurs économiques : l’incapacité à accroître la production ; l’augmentation des inégalités, et donc de l’envie ; l’aggravation du chômage ; la confiscation des talents par la spéculation financière, symptôme de la vénération de l’argent comme une véritable divinité ; plus généralement, la financiarisation de l’économie et la mercantilisation de la société.

La preuve irréfutable de la défectuosité du capitalisme allemand est à ses yeux l’incertitude du pain quotidien dans laquelle il place le travailleur.

Pour remédier à cette situation insupportable, il faut soumettre toute activité économique à l’intérêt de la nation : « Son seul objectif [à l’État] serait de faire en sorte que le capital reste subordonné à l’État et ne s’attribue pas le droit de dominer les intérêts nationaux » (Mein Kampf).

Séduit par la théorie économique de Gottfried Feder, qu’il a rencontré au Parti ouvrier allemand, Hitler défend le contrôle étatique du capital, fondé sur la distinction entre le capital productif et le capital spéculatif : « La lutte contre le capital financier international et le capital-prêt est devenue l’un des points les plus importants du programme sur lequel la nation allemande a fondé sa lutte pour la liberté économique et l’indépendance ».

Ce système nationaliste et socialiste où l’État racial peut intervenir sans limites demeurerait cependant capitaliste, car l’éclosion du talent naturel de la race aryenne requiert une dose de liberté individuelle.

L’intérêt de la communauté est de favoriser la créativité individuelle[6] – quand les Juifs encouragent la vie stérile des masses – en l’orientant vers les domaines qui lui bénéficieront. Dans cette économie méritocratique, c’est à l’État de sélectionner, en accompagnant la sélection naturelle, les meilleurs éléments de la race pour les mettre au service de la communauté en fonction de leur talent.

Plus généralement, chaque citoyen travaillera pour la communauté nationale selon ses compétences, sans hiérarchisation des métiers manuels et intellectuels. Un équilibre sera préservé entre les classes urbaine et paysanne, car les petits et moyens paysans forment le socle d’une nation saine et indépendante économiquement, socialement et moralement.

Enfin, si l’État mise sur les talents individuels, il réduira en même temps les inégalités de revenu en substituant, dans l’esprit de chaque acteur économique, le sens du sacrifice de l’idéalisme aryen à l’incitation matérielle.

Pragmatique, Hitler ne croit pas le marxisme capable de mettre en place une économie aussi productive que l’économie capitaliste. La popularité de la doctrine parmi les travailleurs influence l’État allemand, mais les solutions marxistes ne permettront pas à la nation de s’en sortir – seuls les sacrifices naturellement consentis par la mentalité aryenne le permettent. Par exemple, l’alliance du chancelier Cuno avec les syndicats pour répondre par la grève à l’occupation française de la Ruhr est une fausse bonne solution, parce qu’elle n’entraîne pas la nation allemande à se dépasser.

Les syndicats ont certes permis des progrès dans la vie des travailleurs – en vertu de quoi ils comptent « parmi les institutions les plus importantes de la vie économique de la nation » – mais ils doivent être assujettis, comme tout le reste, aux principes du national-socialisme : « Le Syndicat national-socialiste n’est pas un instrument de lutte des classes, mais un organe représentatif des diverses occupations et dénominations. L’État national-socialiste ne reconnaît aucune classe ».

Ce sera à l’État d’organiser les syndicats de telle manière que le travailleur et le patron reconnaissent leur intérêt commun dans ce nouvel acteur.

Les Aryens à la conquête du monde

Hitler fait d’abord preuve d’un certain pragmatisme géopolitique.

À moyen terme, la politique extérieure allemande doit prévenir l’émergence d’un autre pouvoir militaire en Europe ; veiller à ne pas dépendre de ses colonies ; et consolider la possession de son territoire.

La priorité urgente est de reconquérir les territoires perdus, mais la condition préalable est de développer les forces intérieures de la nation, c’est-à-dire de reconstruire un État fort et indépendant.

De fait, l’Allemagne n’a plus les moyens de son ambition parce que sa diplomatie, affaiblie par la révolution, a été menée systématiquement sans lignes directrices claires et contre l’intérêt du peuple allemand. En particulier, les politiques coloniale et commerciale antérieures à la Guerre mondiale ont empêché des stratégies qui auraient permis d’éviter la défaite.

L’incurie géopolitique est telle qu’elle a accouché de l’hégémonie française sur le continent, alors même que l’Angleterre a pour obsession d’empêcher l’émergence d’une grande puissance continentale.

Or, « la France est et restera l’ennemi implacable de l’Allemagne. Peu importe quels sont les dirigeants qui ont gouverné ou gouverneront en France, qu’il s’agisse des Bourbons, des jacobins, de Napoléon ou d’une démocratie bourgeoise, de républicains cléricaux ou de communistes, leur politique étrangère sera toujours orientée vers l’acquisition de la frontière rhénane et la consolidation de la position de la France sur ce fleuve par la désunion et le démembrement de l’Allemagne. […] La politique française peut faire mille détours dans sa marche vers son objectif fixé, mais la destruction de l’Allemagne demeure sa fin, en vue de l’accomplissement de l’aspiration la plus profonde et des intentions ultimes des Français » (Mein Kampf).

Pour rebondir, l’Allemagne ne peut pas se passer d’alliances.

Seulement, sa faiblesse, la propagande de guerre anti-allemande subie par les populations étrangères, et la propagande intérieure menée par les Juifs rendent la tâche quasiment impossible. La révolution russe ayant évincé du pouvoir l’élite allemande qui aurait pu être favorable à une alliance, les seuls alliés potentiels qui restent sont l’Angleterre (contre la France) et l’Italie.

☆  ☆  ☆

En apparence bien raisonnable, le pragmatisme géopolitique de moyen terme du prisonnier sert pourtant l’utopie de la domination mondiale de la race aryenne.

Le point de départ du raisonnement d’Hitler est malthusien : partant du principe que l’accroissement de sa population[7] contraint le pays à développer proportionnellement ses ressources, Hitler envisage quatre solutions.

Il se refuse à la première, la restriction artificielle des naissances, parce que ce serait aller contre la nature qui produit d’elle-même la meilleure sélection possible.

Il considère que la deuxième option, l’augmentation de la productivité, est mathématiquement impossible, parce que la fertilité de la terre est limitée.

La bonne solution est la troisième, l’expansion territoriale.

L’Allemagne doit devenir un pouvoir mondial pour assurer son avenir ; or son territoire est trop petit par rapport à ceux des États-Unis, de la Russie, ou de la Chine. Elle est par conséquent poussée à conquérir de nouveaux territoires qui décupleront sa puissance tant économique (l’expansion économique est la quatrième solution) que militaire. Les objections morales à cette solution ne tiennent pas, précise Hitler, car les frontières sont établies, et donc modifiables par l’homme.

La pression malthusienne va donc dans le sens du glorieux destin des Aryens, appelés à devenir les maîtres du monde, ce qui fait au contraire de la solution un devoir sacré auquel consacrer toute l’énergie de la nation.

Le problème est que cette pression s’exerce sur l’humanité tout entière : « Le jour viendra certainement où toute l’humanité sera forcée de contrôler le développement de l’espèce humaine, parce qu’il n’y aura plus aucune possibilité d’ajuster la productivité du sol à l’accroissement perpétuel de la population ».

La nécessité vitale de coloniser tous les espaces inhabités entraînera, prophétise le prisonnier, un conflit entre les races culturellement supérieures peu ambitieuses et les races inférieures animées par l’esprit de conquête.

Ce sont bien sûr les Juifs qui agissent en faveur de ce scénario qui leur permettrait, dans la logique du « diviser pour régner », de dominer passivement les nations en alimentant de manière perpétuelle leurs antagonismes.

Les Aryens, eux, pacifieront le monde une fois qu’ils l’auront subjugué (c’est promis).

Romain Treffel

>> Résumé de Mein Kampf (1/3) – Enfance et formation
>> Résumé de Mein Kampf (2/3) – La politique


[1] Les études modernes sur la performance tendent à démontrer l’inverse.

[2] Hitler reconnaît lui-même l’effet bouc-émissaire : plus il hait les Juifs, plus il aime son propre peuple (« Tout cela avait son bon côté. »).

[3] Il écrit que la France est en train de devenir un État africain par le métissage.

[4] C’est lâché comme ça, nous n’en saurons pas plus.

[5] Hitler critique la « bolchévisation » de l’art qu’il perçoit dans le cubisme et le dadaïsme, qui relèvent d’une « aberration artistique » et d’une « dégénération culturelle ».

[6] Hitler ne croit pas à l’intelligence collective.

[7] Hitler prédit que l’Allemagne comptera 250 millions d’habitants en 2026.

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