Stoïcisme stoïciens introduction

Article inspiré par la lecture du volume de la Pléïade Les Stoïciens

Une vache sous la pluie…

Une simple vache, stoïque, sous la pluie.

Telle est l’image proposée par Tim Ferriss, l’expert en productivité de la Silicon Valley, dans sa conférence Ted d’avril 2017.

La pluie ne rend pas la vache malheureuse, ni particulièrement heureuse ; l’animal est simplement passif dans son rapport à cette circonstance extérieure indépendante de sa volonté.

La vache accepte l’existence comme elle vient.

Elle n’insulte pas le ciel, elle n’espère pas le retour du beau temps ; elle accepte.

Cette vache toute mouillée incarnerait la sagesse stoïcienne.

Sénèque à la Silicon Valley

Comment une philosophie du IVe siècle av. J.-C. devient-elle l’objet d’une conférence d’une star américaine du développement personnel au XXIe siècle ?

Le stoïcisme ? « That sounds boring » (« ça a l’air ennuyeux »), prévient Tim Ferriss ; mais une bonne partie de son audience sait probablement déjà de quoi il parle (et elle le voyait venir).

C’est que le stoïcisme est « tendance » depuis déjà une bonne paire d’années : articles de blog, vidéos YouTube, podcasts, livres, conférences, et même des sites entiers y sont consacrés.

Le stoïcisme est étonnamment moderne.

On ne s’étonne plus de trouver les Lettres à Lucilius de Sénèque, ou les Pensées de Marc Aurèle entre deux manuels sur les secrets de la réussite (rapide) dans des listes de recommandations de lecture.

Effectivement, ces ouvrages ont un petit côté développement personnel : ils sont faciles à lire, et ils sont pleins de conseils pratiques. Les trois premières lettres de Sénèque portent par exemple sur l’emploi du temps, les voyages, la lecture, et le choix des amis (on est loin de la métaphysique de Platon ou d’Aristote).

Si cette sagesse pratique stoïcienne est aujourd’hui à la mode dans la Silicon Valley, c’est parce qu’elle convient tout particulièrement à l’entrepreneur du digital.

Déjà, l’entrepreneur, quel qu’il soit, vit dans l’incertitude. Son projet a statistiquement peu de chances de réussir ; il ne peut pas anticiper ses dépenses ni ses revenus ; il essaie de maîtriser un maximum de paramètres, mais une majorité sont hors de son contrôle – sans parler de tous ceux dont il n’a même pas conscience.

Bref, rien n’est garanti, et l’entrepreneur est à la merci des circonstances. Qu’elles se retournent, et c’est l’ascenseur émotionnel – il passe directement de l’enthousiasme à la dépression, à moins de posséder une certaine force mentale.

C’est a priori pire à l’ère du digital, où tout s’accélère et évolue constamment. Facteurs de liberté et de progrès, la concurrence ouverte et la disruption permanente dopent en même temps l’incertitude entrepreneuriale. Une nouvelle technologie, un nouveau site, un nouvel acteur, une nouvelle réglementation, etc. peuvent réduire à néant des montagnes d’efforts.

Autant vivre sur un volcan : comment ne pas devenir fou ? Comment préserver, dans ces conditions, la constance des efforts ?

Cette incertitude 3.0 atteint son paroxysme dans l’ébullition de la Silicon Valley, où des entreprises naissent chaque seconde autour d’un café, et où prédomine l’obsession de « hacker » la croissance (le growth hacking) pour accomplir en six mois, à coups de journées de trente-cinq heures, les objectifs à dix ans (Peter Thiel).

Comment supporter une telle pression ?

En faisant la vache sous la pluie.

Parlant dans la langue de son audience de geeks, Tim Ferriss définit le stoïcisme comme « un système de productivité », un « outil » (tool) pour atteindre ses objectifs dans un environnement hautement incertain.

La pluie, ce sont les circonstances adverses ; la vache, l’entrepreneur.

Les difficultés, le poids des efforts, et la souffrance ne sont pas insurmontables, promettent les oracles de l’entrepreneuriat digital.

Le remède est ancien.

Retour donc vingt-cinq siècles en arrière.

La philosophie du portique (stoa)

Le stoïcisme est né de la forte personnalité de son fondateur, Zénon de Citium (334-262 av. J.-C.).

Sur le plan des circonstances, également, les esprits étaient mûrs.

Les Grecs étaient tout d’abord déçus par la politique, circonstance qui peut faire écho à notre époque. La mort soudaine d’Alexandre le Grand et les conflits de succession entre ses généraux et ses compagnons plongeaient la population dans la détresse.

Le terrain spirituel était tout autant favorable.

Ne voulant plus craindre l’au-delà, le Grec trouvait cependant les idées de Platon et d’Aristote arbitraires et inutilement compliquées. Inversement, les sagesses pratiques – comme nous l’apparaît aujourd’hui le stoïcisme de la Silicon Valley – leur semblaient manquer de profondeur idéologique.

Il y avait bien la doctrine d’Épicure qui connaissait un certain succès ; mais beaucoup ne s’y retrouvaient pas, et ils étaient donc à la recherche d’un autre idéal.

Ces hommes se grouperont autour de Zénon.

Né dix ans après Épicure, le fondateur du stoïcisme est un demi-barbare (un non-Grec) d’une riche famille de Chypre (Citium), venu étudier la philosophie à Athènes à l’âge de vingt et un ans. Parlant un grec à peine correct, il s’exprime surtout de manière brève et sentencieuse, ce qui contrastait avec l’éloquence cultivée dans les écoles athéniennes établies.

Si la ville connaissait alors des vicissitudes, elle abritait toujours une certaine émulation intellectuelle, dont naissaient de nouvelles doctrines. Le jeune philosophe a donc été confronté à des influences diverses, même si la plus puissante semble être la morale de l’école cynique.

Son rival, Épicure, s’est installé dans son fameux jardin, à Athènes, en 306 av. J.-C. ; Zénon est venu lui donner la réplique en 301 sous un portique de l’Agora (d’où le nom de l’école dite du « Portique », à partir du grec ancien stoa), dans un des endroits les plus populeux de la ville.

Hostile aux tendances épicuriennes à la relaxation et à l’hédonisme, le stoïcien était ainsi néanmoins un citadin philosophant dans le confort et le raffinement des grandes villes. Les maîtres de l’école étaient principalement recrutés par cooptation dans les régions cosmopolites de voyageurs et de commerçants, ce qui a favorisé la diffusion de la doctrine.

Mais c’est surtout la vie exemplaire, quasi ascétique, du fondateur du stoïcisme (Athènes lui a d’ailleurs rendu des honneurs publics à plusieurs reprises) qui a donné une grande légitimité morale à sa philosophie et ainsi favorisé son expansion.

La sagesse consistait, pour Zénon, à vivre en harmonie avec l’ordre de la nature.

Son coup de maître a été de fonder ce commandement sur une authentique théorie de l’univers.

Une doctrine complète

Le stoïcisme est plus qu’une morale, contrairement à ce que peuvent laisser penser les nombreuses références qu’y fait le développement personnel du XXIe siècle.

Bien au contraire, il forme même un système complet, au centre duquel se tient une conception du monde physique, autour de laquelle gravitent des théories annexes – notamment une logique, une dialectique, et une rhétorique.

Quoique cruciale dans ce système, la physique stoïcienne n’est cependant pas originale, car elle s’inspire fortement de conceptions antérieures (celles de l’école ionienne).

Comme son intérêt est aujourd’hui anecdotique, je la résume brièvement : le monde et la civilisation étaient, pour Zénon, relativement récents. N’admettant ni le vide ni l’impénétrabilité des corps, il considérait que seuls les éléments corporels étaient susceptibles d’agir ou de bâtir. Il qualifiait la nature de « feu artiste », soit une force ordonnatrice qui maintient le monde et lui confère en même temps sa beauté.

Le monde tel que conçu par les stoïciens est donc un ordre régulier pénétré, comme dans les antiques conceptions religieuses, d’un souffle divin – le principe actif de toute vie, celle des dieux comme celle des hommes.

Les métaphores stoïciennes décrivent l’homme lui-même comme une transposition microcosmique de cette fécondation de l’univers par le feu divin : l’âme humaine pénètre le corps comme le miel se propage dans les rayons de la ruche, le feu dans le métal ardent.

Puisque le système philosophique stoïcien est cohérent, sa conception du monde physique fonde sa conception de la science et de la vérité : Zénon identifie aussi le « feu artiste » à la raison, au logos (le discours rationnel). Attachée à la nature des choses, la logique stoïcienne valorise l’induction telle qu’elle est utilisée par le médecin attentif aux symptômes, ou le paysan étudiant le lever des étoiles.

Autre implication : les stoïciens, grands promoteurs de la science du langage, dévalorisaient l’éloquence proprement dite, dans la mesure où ils jugeaient la qualité de la parole à sa seule teneur en vérité – c’est-à-dire que la qualité de la parole était, dans leur perspective, strictement dépendante de celle de la pensée.

De ces différentes dimensions (aujourd’hui négligées) de la doctrine stoïcienne que j’ai résumées à grands traits, il faut surtout retenir leur grande cohérence et leur couronnement par la fameuse morale, à laquelle les oracles de l’entrepreneuriat donnent aujourd’hui une nième vie.

C’est qu’en dévalorisant les formes sociales et historiques qui s’interposent entre l’homme et l’ordre de la nature, le système stoïcien fonde la croyance en la possible correspondance de la raison qui anime l’individu, et de celle à l’œuvre dans l’univers.

La morale stoïcienne

La morale est la partie essentielle du système stoïcien, au point que l’école a donné naissance à un art à part entière des conseils moraux, la « parénétique ».

Elle a fourni quantité de précepteurs, qui ont pu se transformer avec les années, une fois l’élève aux responsabilités, en conseillers politiques (des successeurs d’Alexandre, par exemple, puis des empereurs romains). Des disciples de Zénon ont conseillé des rois (par exemple Antigone Gonatas, qui a régné sur la Macédoine), et certains se sont même engagés militairement (ce que les épicuriens refusaient catégoriquement).

Mais revenons aux idées.

Le fondement de la morale stoïcienne est plutôt simple : l’individu doit conformer ses désirs et ses actions à l’ordre, rationnel et divin, de la nature.

Il faut en d’autres termes, comme l’écrit Épictète dans son Manuel, « vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent ».

À l’instar de notre vache qui reçoit passivement la pluie, l’individu doit pratiquer le détachement : négliger les causes extérieures qui ne dépendent pas de lui, et par-là éviter de créer lui-même sa propre souffrance.

En s’accordant ainsi avec l’ordre de la nature, expliquent les stoïciens, l’homme s’accorde avec lui-même et retrouve l’unité de sa vie morale et spirituelle.

La morale stoïcienne est donc un art de vivre fondé sur une conscience aiguë du rapport à l’univers : « Souviens-toi que tu es comme un acteur dans le rôle que l’auteur t’a confié : court, s’il est court ; long, s’il est long. Il dépend de toi de bien jouer ton rôle, mais non de le choisir » (Manuel d’Épictète).

J’aime encore mieux l’image stoïcienne du chien qui suit le mouvement de la charrette à laquelle il est attaché – image par laquelle la doctrine résout le dilemme de la liberté et du déterminisme.

Hautement pratique, la morale stoïcienne est de fait matérialiste et sensualiste. Le stoïcien attache peu d’importance à la survie de l’âme, dont il pense qu’elle ne peut survivre que de manière éphémère. Ce qui a de la valeur à ses yeux, ce sont les instants de bonheur terrestre.

L’érudition, le raffinement de la connaissance sont inutiles ; seule compte la certitude intérieure tirée de l’accord intime à l’ordre de la nature.

« Je ne suis pas contraint, déclare Sénèque, je ne subis rien malgré moi ; je ne suis pas l’esclave de Dieu, je lui donne mon accord ».

Menacée, cependant, par les impulsions irrationnelles que sont les passions – considérées par Zénon comme de véritables maladies – la certitude intérieure du stoïcien récompenserait donc un ascétisme sévère.

Cet idéal de sagesse du fondateur a rapidement semblé irréalisable dans toute sa rigueur, de telle sorte que la morale stoïcienne a gagné en nuances et perdu en sévérité le long de l’histoire du stoïcisme.

Longévité et souplesse du stoïcisme

Longévité oblige, le stoïcisme a connu des désaccords et des divisions. Les stoïciens n’ont jamais constitué une école véritablement unie, et il n’existe pas d’orthodoxie stoïcienne.

Certains ont même fait scandale en passant chez l’ennemi, à l’instar du tyran obèse Denys d’Héraclée, qui fut d’abord l’élève de Zénon, avant de se convertir à l’hédonisme épicurien.

Dans l’histoire du courant, on distingue traditionnellement l’ancien stoïcisme des fondateurs (Zénon, Cléanthe, Chrysippe – IVe-IIIe siècles av. J.-C.) ; ensuite, un « moyen » stoïcisme (dont les figures principales sont Panétios et Posidonios – Ier siècle av. J.-C.), où la doctrine a été influencée par d’autres courants ; et enfin, un « nouveau » stoïcisme, ou stoïcisme « impérial » en référence à l’Empire romain (où se sont détachés Sénèque, Épictète, et Marc-Aurèle).

La philosophie stoïcienne a d’abord connu à sa naissance, c’est bien naturel, une période de vie originale. Cléanthe, le successeur de Zénon, a par exemple donné au stoïcisme un côté religieux en personnifiant l’ordre de la nature en un dieu suprême et personnel auquel on s’adresse avec émotion, comme à un père sauveur.

Après ces premières heures fertiles, la ferveur initiale est retombée, jusqu’à faire de la doctrine un genre de catéchisme appris par cœur et récité par l’élève devant ses parents.

De fait, la société et les mentalités avaient changé de la fin du IIe au Ier siècle avant J.-C. Les Romains étaient alors – comme les entrepreneurs d’internet – avides de préceptes pratiques ; or, l’ancien stoïcisme s’était borné à poser les principes de la morale. L’esprit religieux renaissait en parallèle, alors que le stoïcisme ne concevait pas la vie de l’âme. Enfin, l’époque était à l’émergence des sciences positives.

Les philosophies de Platon et d’Aristote satisfaisaient bien mieux ces nouvelles tendances.

Le stoïcisme s’est donc adapté pour survivre (à croire qu’il existe un darwinisme des idées).

Cette renaissance a été l’œuvre de deux hommes : Panétios de Rhodes (-185, -112), qui est parfois présenté comme la première source de l’humanisme occidental, a fait évoluer la doctrine stoïcienne vers une morale plus pratique (dont Sénèque, Épictète, et Marc-Aurèle deviendront les principaux directeurs de conscience) ; son disciple Posidonios (-135, -51), le professeur de Cicéron, qui était un peu l’Aristote stoïcien[1], a pour sa part rapproché la doctrine de la religion et de la science.

Mais surtout, ces deux réformateurs ont purgé la doctrine de ses détails dogmatiques, dans le but de propager l’habitude de la réflexion morale et de l’examen de conscience.

C’est l’élève du second, Cicéron, qui a, par ses traités (notamment De la nature des dieux, ou De Officiis), transposé au monde romain la sagesse stoïcienne, ce qui en a fait une des sources essentielles de la pensée européenne.

Ayant pénétré divers milieux de la société romaine, le stoïcisme est notamment devenu, sur le plan politique, un foyer de résistance aux despotismes des empereurs, en tant qu’école de pensée indépendante refusant de pratiquer les cultes imposés par le pouvoir.

Au Ier siècle après J.-C., Musonius Rufus, le maître d’Épictète, encourage par exemple Rubellius Plautus, un rival persécuté par Néron (qui ne portait pas les stoïciens dans son cœur), à préférer la mort à l’inquiétude (c’est simple à dire). C’est le sénateur stoïcien Thraseas, dont la simplicité exemplaire était comme un projecteur braqué sur la débauche néronienne, qui met le conseil en pratique en 66, en s’ouvrant les veines pour offrir son sang à Jupiter libérateur (qui n’a pas répondu).

Cette résistance passive a heureusement pris fin avec les empereurs suivants – Hadrien, Antonin, et bien sûr Marc-Aurèle – qui étaient, eux, favorables au stoïcisme.

Si le matérialisme stoïcien n’était pas du goût de tout le monde, la doctrine a eu une vaste influence – elle a par exemple même déteint sur la première théologie chrétienne, les Pères de l’Église reprenant à leur compte des images stoïciennes.

Moins influent, sans toutefois être oublié, au Moyen Âge, le stoïcisme a connu une nouvelle floraison à la Renaissance, particulièrement en fournissant des thèmes à l’introspection de Montaigne ; à l’époque classique, il a inspiré à Descartes sa morale (notamment sa fameuse maxime « Changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde. ») et sa théorie des passions ; à Spinoza ses théories des passions et de la liberté ; on peut aussi signaler que Pascal a vu chez Épictète une première réflexion sur la vanité du divertissement.

Avec un recul panoramique, on peut voir dans l’inspiration stoïcienne un facteur constant de l’histoire de la philosophie comme de la littérature. De fait, la philosophie de Zénon n’a pas été animée par une dialectique interne, elle a plutôt évolué en réaction aux nouvelles circonstances de la vie sociale et morale.

Si elle a si bien résisté à l’épreuve du temps, jusqu’à nourrir aujourd’hui les entrepreneurs de la Silicon Valley, c’est parce qu’elle est dotée d’une souplesse peu commune.

Mort en 1952, Émile Bréhier n’a pas pu assister à la renaissance du stoïcisme au XXIe siècle ; mais il avait prophétisé que les hommes du monde à venir auraient encore beaucoup à apprendre de la sagesse stoïcienne.

Mon stoïcisme

Soixante-six ans plus tard, je ressens moi-même la nécessité de cette sagesse : j’ai choisi d’écrire sur le stoïcisme parce que c’est la philosophie que je pratique.

Ignorer ce qui n’est pas en mon pouvoir, ne pas maudire ce qui me dépasse, ne pas souffrir en imagination m’apparaissent comme des règles simples pour une vie meilleure.

Se plaindre de la pluie, insulter le ciel, vivre dans le passé, c’est gaspiller la volonté, l’intelligence, et le temps – or tout commence avec le temps.

« Reprends possession de toi-même : le temps qui jusqu’ici t’était ravi, ou dérobé, ou que tu laissais perdre, recueille et ménage-le » (Lettres à Lucilius, Sénèque).

Mais surtout, tout commence par soi, car je suis moi-même en mon propre pouvoir : en me voulant maître de moi-même, et en faisant l’effort, quotidien, et à jamais renouvelé, de le devenir, je peux retrouver l’antique, et éternelle sagesse stoïcienne.

Qu’elle est sage, la vache sous la pluie.

Romain Treffel

 

[1] Il a réalisé une synthèse des sciences de son temps dans une perspective stoïcienne.

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