Capitalisme et liberté Milton Friedman

Capitalisme et liberté vont de pair. Milton Friedman avance dans Capitalisme et liberté que le système économique capitaliste est le plus apte à préserver la liberté individuelle et à favoriser son épanouissement. Son ambition est de proposer des solutions vouées à concilier la défense idéologique de la liberté et l’efficacité pratique sur les principaux enjeux de l’action publique.

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Le capitalisme doit mêler liberté économique et liberté politique. Accusé de réduire la liberté à son versant économique, Milton Friedman montre au contraire que capitalisme et liberté concernent la société démocratique dans son ensemble. La liberté économique est essentielle à deux niveaux : elle est tout d’abord une composante primordiale de toute liberté ; elle est ensuite tout particulièrement la condition de possibilité de la liberté politique. Cette relation a été démontrée historiquement, par contraposée, dans les systèmes socialistes, où la suppression de la liberté économique a immanquablement entraîné la disparition de toute liberté. Inversement, d’autres exemples mettent en lumière, d’après Milton Friedman, la vertu politique de la liberté économique, comme au Chili, où les réformes libérales des années 1970-1980 amorceraient une transition vers la démocratie. Cependant, la liberté économique ne fait pas tout. « L’histoire suggère uniquement, précise l’économiste, que le capitalisme est une condition nécessaire à la liberté politique. Clairement ce n’est pas une condition suffisante » (Capitalisme et liberté). D’autres conditions sont donc nécessaires à l’épanouissement de la liberté. Le facteur crucial est de limiter et de décentraliser le pouvoir, car sa concentration dans une instance planificatrice ne peut qu’uniformiser la diversité naturelle bénéfique du marché. Plus fondamentalement, Milton Friedman reproche aux adversaires du capitalisme leur manque de foi dans la liberté elle-même.

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Milton Friedman affirme que capitalisme et liberté sont entravés par l’État

Le capitalisme et la liberté ne laissent qu’un rôle limité à l’État. Pour autant, Milton Friedman explique que la supériorité de la liberté sur la contrainte n’implique pas l’inutilité de l’État. Certaines fonctions, certes réduites, mais nécessaires, doivent en effet lui échoir. « L’existence d’un marché libre n’élimine évidemment pas, écrit le libéral, le besoin de gouvernement. Au contraire, le gouvernement est essentiel, à la fois comme forum pour déterminer les « règles du jeu » et comme arbitre pour interpréter et faire respecter les règles qui ont été adoptées » (Capitalisme et liberté). L’État doit plus précisément garantir le respect de la loi, du droit, de la propriété privée, et lutter contre la domination liberticide de certains monopoles. Milton Friedman évoque par exemple son rôle sur le plan de l’éducation. Si le financement de ce service rentre dans son champ d’action, il ne doit toutefois pas en prendre en charge la prestation. Acquis à l’idée que chaque citoyen puisse recevoir une éducation de base, l’économiste considère néanmoins que la liberté des parents et des établissements, combinée au financement public par un système de chèque-éducation, est la manière la plus efficace de concrétiser ce principe d’égalité. Concernant la pauvreté, Milton Friedman avance que l’implication de l’État devrait se limiter à la mise en place d’un revenu universel, lequel optimiserait considérablement l’aide sociale tout en réduisant le poids de la fiscalité et en préservant la liberté individuelle.

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Le capitalisme et la liberté sont gênés par les interventions de l’État. Milton Friedman considère que celles-ci font plus de mal que de bien quand elles débordent du cadre légitime de l’action étatique qu’il a défini. « Les grandes avancées de la civilisation, pose-t-il, que ce soit dans l’architecture ou dans la peinture, la science ou la littérature, l’industrie ou l’agriculture, ne sont jamais nées de l’intervention d’un gouvernement centralisé » (Capitalisme et liberté). Sur le plan monétaire, par exemple, il expose la responsabilité du contrôle de la monnaie par l’État (fixé aux États-Unis par le Federal Reserve Act de 1913) dans les désordres économiques du XXe siècle. Il accuse ainsi la banque centrale américaine d’avoir décuplé les effets des récessions économiques, notamment en 1929, où son choix de raréfier la monnaie aurait précipité le krach boursier. Milton Friedman pointe plus généralement la nocivité de la théorie keynésienne. Légitimés par le théorique « multiplicateur keynésien », selon lequel la dépense publique générerait un cercle vertueux, les déficits publics rendraient en réalité l’économie instable. Il dénonce également la nocivité des changes fixes et du protectionnisme, autres entorses à la liberté économique. Enfin, Milton Friedman s’oppose également à des interventions étatiques plus anecdotiques. Il perçoit par exemple les politiques de luttes contre les discriminations comme contre-productives, dans la mesure où elles renforcent les préjugés, quand la liberté du capitalisme constituerait, par sa valorisation objective de la compétence, le meilleur remède.

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