Manifeste du Parti communiste communisme Marx

Le communisme est la forme de la société future. Dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels font l’exposé de ses caractéristiques et des transformations sociales qu’il implique. Le philosophe est donc considéré comme le fondateur du communisme moderne, celui dont se sont réclamés quantité de militants dans le monde entier ainsi que les États dits « communistes » qui sont nés au XXe siècle.

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Le communisme repose sur l’abolition de la propriété privée. Marx le définit strictement comme le système économique où les moyens de production (notamment les machines, à son époque) sont mis en commun, c’est-à-dire qu’ils appartiennent à tout le monde ou à personne. De ce point de vue, les premières sociétés humaines, dépourvues de spécialisation économique, de classe et d’État, ont été communistes jusqu’à la révolution néolithique[1]. Dans les sociétés développées, le communisme implique en pratique la mise en place d’une propriété publique : mis à part les biens de consommation courante, tous les biens doivent être confiés à l’État, qui les possède et les gère au nom de la société tout entière. Marx le présente en cela comme une alternative radicale au capitalisme, le système défini au contraire par la propriété privée des moyens de production, dont résulte le clivage et l’injustice entre ceux qui possèdent ces moyens, les capitalistes, et ceux qui en sont dépourvus, les salariés. Le philosophe milite donc pour l’abolition de cette organisation économique au profit du communisme. « La propriété privée, écrit Marx, la propriété bourgeoise moderne, est la dernière et la plus parfaite expression du mode de production et d’appropriation basé sur les antagonismes de classes, sur l’exploitation des uns par les autres. En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette proposition unique : abolition de la propriété privée » (Manifeste du Parti communiste).

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Marx défend une conception pragmatique du communisme 

Le communisme est un mouvement politique. Marx et Engels rédigent leur manifeste au moment où les partis communistes européens prennent une ampleur qui inquiète la vieille Europe et suscite la mobilisation des polices politiques. Les communistes constituent plus précisément une fraction élitiste du prolétariat, la plus résolue, la plus au fait de la conscience et des enjeux de cette classe. Ils poursuivent un objectif précis : qu’elle prenne conscience d’elle-même et de sa force afin de renverser la domination bourgeoise et d’exercer le pouvoir politique – c’est pourquoi ils sont craints par les gouvernements et par le Pape. « Un spectre hante l’Europe, proclament Marx et Engels, le spectre du communisme. […] le communisme est reconnu par toutes les puissances d’Europe comme une puissance. Il est grand temps que les communistes exposent, à la face du monde entier, leur manière de voir, leurs buts et leurs tendances […] » (Manifeste du Parti communiste). Les deux philosophes détaillent alors le programme politique qui permettra d’installer le communisme : expropriation de la propriété foncière ; progressivité de l’impôt ; abolition de l’héritage ; confiscation des biens de tous les récalcitrants ; centralisation du crédit et des moyens de transport ; développement de la production nationale ; travail obligatoire pour tous ; fusion entre la ville et la campagne ; abolition du travail des enfants et généralisation de l’éducation publique gratuite. Marx prévoit toutefois que les réformes seront adaptées aux particularités nationales.

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Le communisme n’est pas une utopie. Marx affirme qu’il ne constitue pas un idéal, mais un impératif concret de libération du peuple de la vieille société bourgeoise. Son édification dépend d’un processus social précis de destruction des obstacles que lui oppose l’état actuel des choses, dont le principal est l’État, en tant qu’entité séparée de la société et aux mains de la bourgeoisie capitaliste. « Le communisme, pose le philosophe, n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel » (L’idéologie allemande). Marx trouve une illustration historique de cette conception du communisme dans la Commune de Paris. En effet, ce mouvement révolutionnaire éphémère de 1871 a réussi à s’émanciper du pouvoir de l’État moderne, notamment de l’armée et de l’administration, et à rendre à la société elle-même la maîtrise de son destin. Pour autant, il a essentiellement consisté à détruire l’ancien pouvoir d’État, et non pas à constituer un nouveau pouvoir politique – en cela, il fut un instrument pour libérer la classe ouvrière. Il a été en dernière instance une œuvre sociale – et non pas politique – car il avait pour but de renverser les fondements de la société en expropriant les expropriateurs. Pour Marx, la Commune a donné la preuve de la crédibilité de l’ambition communiste. « C’est du communisme, écrit-il, l’impossible communisme ».

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[1] Découverte de l’agriculture vers 9000 av. J.-C.