Olympe de Gouges Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Les droits de la femme ne sont pas un enjeu secondaire. Dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges enjoint la reine Marie-Antoinette à user de sa position et de son instruction en faveur de l’égalisation des conditions de l’homme et de la femme. Elle fait face au despotisme pour déclarer solennellement, elle aussi sous les auspices de l’Être suprême, les droits de la femme et de la citoyenne.

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Les droits de la femme sont nécessaires pour mettre fin à l’oppression masculine. Olympe de Gouges considère que les seules bornes de la liberté et de la justice de la femme ont été posées par l’homme. Elle souhaite donc faire prendre conscience aux femmes du caractère déplorable de leur sort ainsi que de la privation de droits dont elles sont victimes dans la société. Les événements révolutionnaires constituent à ses yeux le moment idoine pour éveiller les consciences féminines. « Femme, réveille-toi, clame-t-elle ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. […] Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation » (Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne). Pour Olympe de Gouges, la Révolution a rendu les femmes respectables et méprisées, alors qu’elles étaient méprisables et respectées. Elles avaient autrefois un empire sur les hommes : elles compensaient la force et le droit par leurs charmes et leur ruse. Elles n’avaient besoin que d’être belles et aimables ; mais sitôt leurs charmes dissipés, elles risquaient la pauvreté et la vieillesse. Olympe de Gouges reproche au mariage d’encourager la femme mariée à la tromperie tout en laissant celle qui ne l’est pas dans une cruelle insécurité. Elle propose donc un nouveau contrat fondé sur la communauté des biens et leur transmission équitable en cas de séparation ou de décès.

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Olympe de Gouges fonde les droits de la femme en nature

Les droits de la femme découlent de l’égalité naturelle. Olympe de Gouges affirme que l’oppression masculine est totalement injustifiée ; c’est pourquoi la femme a le droit de la remettre en cause. En effet, l’observation de la nature ne permet pas de retrouver un asservissement comparable de la femelle par le mâle – au contraire, les deux sexes sont confondus et coopèrent en harmonie à l’ordre de la nature. « Observe le créateur dans sa sagesse, demande Olympe de Gouges ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique » (Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne). Ainsi, l’inégalité de l’homme et de la femme, pourtant supérieure en beauté et en courage, apparaît comme une exception, non pas comme la règle. Pour la femme de lettres, cette injustice est le fruit de l’ignorance la plus crasse, ce qui est d’autant plus étonnant au siècle des Lumières. De fait, la raison et la philosophie sont du côté de la femme, qui montrent qu’elle a tout en commun avec l’homme, dont elle est l’égal sur le plan intellectuel. Si l’égalité a bien été réclamée pendant la Révolution française, l’égalité de l’homme et de la femme a, elle, été oubliée. Olympe de Gouges dénonce le fait que les femmes n’aient pas obtenu d’avantages de la mutation politique, mais seulement un plus grand mépris.

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Les droits de la femme doivent être identiques à ceux de l’homme. Olympe de Gouges considère que l’oubli ou le mépris des droits de la femme nuit gravement à l’intérêt général. Elle propose donc d’établir juridiquement la liberté de la femme à la naissance et son égalité avec l’homme, les différences ne pouvant être fondées que sur l’utilité commune. Dans cette perspective, la nation vise à réunir la femme et l’homme afin de conserver leurs droits dans l’égalité. Celle-ci doit tout particulièrement être politique. « La Loi, écrit Olympe de Gouges, doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous » (Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne). Il en découle que les fonctions publiques ne peuvent être attribuées sur des considérations de sexe – les femmes y sont également admissibles à raison de leur vertu et de leur talent. La femme doit également jouir de la même liberté d’expression que celle de l’homme. Sa liberté de communiquer ses pensées lui donnera notamment le droit de reconnaître le père de son enfant, plutôt que d’être obligée de dissimuler la vérité. Inversement, enfin, toute exception féminine doit disparaître : la femme ne peut pas faire exception à la loi, ou échapper à la rigueur judiciaire ; elle doit contribuer aux charges publiques en contrepartie du droit de propriété.

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