La guerre de l’art selon Steven Pressfield

La guerre de l'art Steven Pressfield

La guerre de l’art est le secret de la créativité. Dans La Guerre de l’Art, l’écrivain américain Steven Pressfield part du principe qu’une force destructrice propre à la nature humaine nous retient de réaliser les projets de long terme qui sont bons pour nous. C’est à cause de cette influence diabolique que nous n’écoutons pas la petite voix dans notre cœur qui nous dit de suivre notre vocation personnelle.

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La guerre de l’art nous oppose à la Résistance. Steven Pressfield détaille les activités qui réveillent cet ennemi de la créativité : la poursuite d’une vocation artistique ; une aventure entrepreneuriale ; un régime alimentaire ; un programme de développement spirituel ; le combat contre une addiction ; toute forme d’éducation ; un acte de courage ou d’engagement ; un projet philanthropique ; une position de principe face à l’adversité. Bref, elle veut entraver tout sacrifice de la gratification immédiate au profit du développement à long terme, c’est-à-dire tout acte qui dérive de notre nature supérieure plutôt qu’inférieure. Comment la caractériser ? Elle est une force interne invisible, sournoise, implacable, inarrêtable, et universelle ; elle se nourrit de la peur et devient plus puissante près de l’accomplissement final. En fait, la Résistance est notre « boussole sud » : « Nous éprouvons la Résistance en ayant peur, explique Steven Pressfield ; le degré de peur équivaut à la force de la Résistance. Par conséquent, plus nous craignons une initiative spécifique, plus nous pouvons être certains que cette initiative est importante pour nous et pour le développement de notre âme »[1] (La Guerre de l’Art). Nos ennuis, nos maladies psychiques, nos fantasmes, nos rationalisations, notre peur de l’isolement, ou encore notre désir d’attention et de soutien sont des symptômes de la Résistance. Steven Pressfield affirme que ne pas la combattre nous condamne au cercle vicieux du malheur et du vice.

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Steven Pressfield révèle que la guerre de l’art est mystique

La guerre de l’art exige de devenir professionnel. Steven Pressfield affirme que les artistes en herbe la perdent parce qu’ils pensent comme des amateurs. Ils voient leur projet comme un passe-temps pour leurs week-ends ; le professionnel, lui, consacre tout son temps à sa vocation. L’amateur n’aime pas assez son activité pour y dédier sa vie, alors que l’artiste professionnel aime l’enfer pour lequel il s’est porté volontaire : l’isolement, le rejet, le doute, le désespoir, le ridicule et l’humiliation. Il est régulier et endurant ; il gagne sa vie grâce à sa vocation, si bien qu’il a développé un grand professionnalisme ; il ne s’identifie pas avec son travail ; il se concentre sur la technique ; il s’expose à la critique comme au compliment — l’amateur refuse tout cela. « Le professionnel, décrit Steven Pressfield, a appris que le succès, comme le bonheur, vient comme un sous-produit du travail. Le professionnel se concentre sur le travail et autorise la récompense à venir ou ne pas venir, peu importe ce qu’ils veulent » (La Guerre de l’Art). Il a toutefois compris qu’il doit limiter son amour pour son activité, sinon sa peur de l’échec nourrira la Résistance. Il est patient et ordonné ; il pense comme un artisan sans toutefois nier la dimension mystique de son travail ; il refuse les excuses ; il est pragmatique et humble ; il reste détaché à l’égard du succès comme de l’échec. Pour Steven Pressfield, devenir professionnel n’est pas un acte mystérieux, mais une décision consciente.

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La guerre de l’art permet de se connecter à une réalité supérieure. Tant l’appel de la vocation que la Résistance apparaissent souvent comme des entités mystiques (démon, génie, ange, muse, etc.). Steven Pressfield pense en effet qu’il existe des forces qui contrebalancent celles qui entravent la créativité. Cependant, ces mystérieuses forces alliées ne se manifestent pas immédiatement. Seule la régularité de l’investissement personnel les attire. Le secret des vrais artistes est qu’il faut travailler chaque jour pour persuader la Muse de favoriser sa créativité. C’est la raison profonde de leur modestie : ils savent qu’ils sont branchés sur un réseau d’énergie et d’inspiration inaccessibles aux amateurs. Plus fondamentalement, Steven Pressfield relie le succès artistique à la manière dont l’artiste se définit. Si, comme la plupart des gens, il est sensible à la hiérarchie, alors son potentiel restera bridé par la concurrence ; ses initiatives, ses relations et sa satisfaction dépendront du sentiment de son rang. Or, il ne faut pas regarder en haut ou en bas, mais en soi-même : « Nous devons accomplir notre travail pour lui-même, et non pour la richesse, l’attention ou les applaudissements » (La Guerre de l’Art). La solution est de se définir par son « territoire », c’est-à-dire par l’espace psychologique dans lequel nous évoluons. Ce territoire nous nourrit ; il nous rend indépendant ; et il récompense équitablement nos efforts. Steven Pressfield ajoute que suivre sa vocation est un devoir à l’égard de toutes les personnes qui pourront bénéficier de notre travail.

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[1] Traduction de Romain Treffel.

Qui est Romain Treffel ?
Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous. Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.
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