La parole dans la psychanalyse

La psychanalyse a renouvelé la conception des effets positifs de la confession. Elle est une technique d’analyse psychologique mise au point par Sigmund Freud au début du XXe siècle et provenant de la cure cathartique de Josef Breuer appelée « talking cure », elle-même dérivée des travaux de Charcot sur l’hystérie. Comme l’indique le surnom anglo-saxon, la discipline se fonde sur la parole, qui est antérieure et nécessaire à toute écoute analytique. Sans parole, pas d’analyse, pas de psychanalyse.

En premier lieu, et la psychologie et la psychanalyse s’appuient sur une définition de ce qu’est l’homme : Lacan affirme ainsi que l’homme est un « parlêtre » (Joyce avec Lacan), c’est-à-dire un être de parole. Le recours à l’analyse est donc justifié par la nécessité du langage en l’homme. La parole est donc davantage qu’un mode de communication, elle est révélatrice de l’inconscient d’un individu, lequel est lui-même révélateur des comportements et désirs humains. Françoise Dolto affirme par exemple qu’il faut toujours dire la vérité à l’enfant pour l’aider à se construire parce qu’il la connaît de toute façon dans son inconscient, qu’il a toujours l’intuition de sa propre histoire. L’exploration de l’inconscient à l’aide de la parole a plus précisément pour objectif de lever les refoulements (Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud). Deux méthodes concurrentes sont utilisées : la méthode cathartique (hypnose) et l’association libre (pas d’hypnose).

>> La structure du langage selon Lacan sur un post-it
>> L’inconscient en moins d’une minute
>> L’inconscient selon Freud sur un post-it

Cependant, la parole se manifeste aussi parfois par le silence : on peut dire quelque chose sans le dire ou bien en le disant autrement (comme dans le cas du lapsus). C’est dans cette perspective que la psychanalyse augmente la parole d’une dimension supplémentaire : elle est susceptible de dire ce qu’elle ne dit pas, et il est alors du ressort de l’analyste de savoir y déceler ce non-dit. Celui-ci implique que l’analyste fournisse une réponse au patient, placé lui dans une position d’« attente ». Ce rapport présuppose que l’analysé demeure dans une situation de vulnérabilité et de soumission face à une autorité supposée savante. La solution est attendue de la parole de l’analyste, supposée capable de défaire les problèmes du patient. Cette situation précise est la condition nécessaire de l’analyse : l’attente de l’analysé, le silence de l’analyste, la poursuite par l’analysé de son discours. L’analyse se fonde ainsi sur la réponse attendue du psychanalyste par le patient qui parle.

La parole est susceptible de faire naître une autre complication lors de l’analyse : celle de l’objectivation du sujet. À trop considérer la parole, à trop chercher à déduire des significations de ses signes, on prend le risque d’oublier la subjectivité qui s’exprime à travers la parole. Le psychanalyste peut en effet se laisser à ne plus s’apercevoir que, derrière la parole, il est un sujet qui choisit de parler de quelque chose.

De manière plus générale, si la parole a une importance cruciale dans la psychanalyse parce qu’elle en est la fondation, elle est toujours également un sujet de préoccupation. En effet, il réside en elle de manière incontournable le risque de l’aliénation de celui qui parle comme de celui qui écoute. Le paradoxe auquel s’attelle la psychanalyse est donc de mettre la parole à distance, de la prendre avec recul alors même qu’elle est son propre fondement.

>> Le complexe d’Oedipe (Freud) sur un post-it
>> Le malaise culturel selon Freud

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