La rhétorique

Provenant du latin rhetorica (emprunté au grec ancien rhêtorikê tekhnê), qui se traduit par « technique, art oratoire », la rhétorique ne connaît pourtant pas une définition unique. Deux conceptions principales s’affrontent : la première, issue de la Grèce antique et dite sophistique, met en avant l’efficacité de la parole, liée à la nécessité de persuader ; la seconde, issue de la Rome antique et dite stoïcienne, valorise le bien-dire, c’est-à-dire la beauté de la parole.

La première conception de la rhétorique s’est développée dans les sociétés ouvertes et démocratiques de la Grèce antique, avec des droits de libre expression, de libre réunion, et des droits politiques pour une partie de la population. Platon l’a rapprochée de la philosophie pour la vouer à la recherche de la vérité et ainsi ne pas en laisser le monopole aux sophistes. Aristote l’a ensuite codifiée en trois types de discours : le discours délibératif, qui vise le bien et s’adresse au politique ; le discours judiciaire, qui vise le juste et s’adresse au juge ; le discours épidictique, qui vise le beau. La rhétorique grecque avait même sa muse, Polymnie ou Eloquentia. Avec la disparition de la cité antique, cependant, l’éloquence a perdu son statut d’instrument politique pour devenir une fin recherchée en elle-même.

>> La sagesse stoïcienne sur un post-it

La seconde conception s’est épanouie pendant la République romaine grâce à des figures comme Cicéron ou Quintilien, lequel en a fait une science fondamentale. C’est à ce dernier que l’on doit la division de la rhétorique en cinq parties (Institutions oratoires) : l’inventio (trouver des arguments), la disposition (structuration de l’argumentation), l’elocutio (trouver les bons mots), l’actio (diction et gestes), et la memoria (se souvenir du discours).

>> Les sophistes sur un post-it

Par la suite, la rhétorique s’est déplacée vers l’écrit en devenant l’étude des règles qui conditionnent l’efficacité du discours. Au Moyen-Âge, elle faisait partie des arts libéraux et était utilisée pour les discours religieux (sermons et prêches). La conception antique a été réhabilitée et développée à la Renaissance, avant que n’émerge un classicisme rhétorique national à l’époque classique (qui commence au XVIIe siècle). Pour Nicolas Boileau, par exemple, la rhétorique doit servir à fortifier et promouvoir la langue de la nation (Les secrets de notre langue).

Après avoir disparu du programme du baccalauréat en 1890, elle a été redécouverte par les professionnels de la communication (publicité, médias, politique, etc.) dans la société de l’information. Elle a toutefois pris au XXe siècle un sens péjoratif, dans la mesure où elle serait l’apanage de la démagogie – les hommes politiques se voient ainsi reprocher de « faire de la rhétorique ». Elle s’est par ailleurs spécialisée : rhétorique politique, judiciaire, administrative, etc.

>> Éléments de cours sur le discours politique

Pour le philosophe belge Michel Meyer, cette diversité conceptuelle et historique ne doit néanmoins pas dissimuler l’existence d’un « noyau technique » irréductible au sein de la discipline (Histoire de la rhétorique des Grecs à nos jours). Elle peut ainsi être vue comme obéissant à une triple finalité : la vérité (logos), la crédibilité (ethos) et l’émotion (pathos). Cicéron écrit à ce propos que la rhétorique consiste à « prouver la vérité de ce qu’on affirme, se concilier la bienveillance des auditeurs, éveiller en eux toutes les émotions qui sont utiles à la cause » (L’Orateur).

☆  ☆  ☆

La culture générale est votre bête noire en prépa HEC ? Vous préférez les sensations des sables mouvants à celles d’une dissertation ? Vous êtes fatigués de passer un temps interminable à relire un cours confus, digressif et incohérent ? Passez à la méthode des paragraphes !

50 paragraphes tout cuits

Commander

En savoir plus sur « 50 paragraphes tout cuits »