La logique aristotélicienne

logique aristotélicienne Aristote Organon

La logique aristotélicienne a durablement stimulé la pensée. Aristote a fondé la logique dans ses six œuvres regroupées sous le titre d’Organon, où figurent notamment la présentation des catégories et l’étude du syllogisme, longtemps considérées comme la référence en matière de logique théorique. L’apport du philosophe à cette discipline est si fondamental que celle-ci s’est surtout développée par la systématisation et la simplification, plutôt que par le prolongement ou la contestation, de la logique aristotélicienne.

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La logique aristotélicienne cherche la vérité dans la parole. Les deux concepts sont en effet liés : le mot grec désignant la parole (logos) signifie aussi la proportion ou le ratio mathématique (logos vient du verbe legein : « unir, joindre »). Seulement, le point de vue de la vérité n’est pas exprimable dans tous les modes de discours. Aristote oppose ainsi le discours logique, susceptible de recevoir une valeur de vérité (vrai ou faux), aux discours qui ont vocation à produire des sentiments. Le discours logique consiste en jugements. Dans la logique aristotélicienne, un jugement affirmatif vrai unit en parole ce qui est vraiment uni (et inversement avec un jugement négatif vrai), tandis qu’un jugement faux unit ce qui est séparé (et inversement). En pratique, il faut d’abord partir de la question de la définition. Influencé par l’art de la définition de Socrate et de Platon, Aristote affirme qu’il est crucial d’analyser très strictement les termes qu’on emploie. Il préconise de procéder en deux temps : 1° il faut d’abord classer le terme dans un groupe dont il présente les caractéristiques (par exemple, l’« homme » est un animal) ; 2° il faut ensuite identifier la différence spécifique du terme (l’homme est un animal rationnel). La logique aristotélicienne postule donc que les concepts sont de commodes abstractions, et non pas, comme Platon l’a théorisé, les essences éternelles de la réalité.

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La logique aristotélicienne donne des règles pour penser

La logique aristotélicienne repose sur le syllogisme. Aristote théorise ce mode de raisonnement dans son traité des Premiers Analytiques. Il lui donne une place prépondérante dans sa doctrine, au point qu’il l’assimile à la science même, et son analyse constitue une contribution majeure à la théorie de la logique. Un syllogisme est un enchaînement de trois propositions : la majeure, la mineure, et la conclusion. « Le syllogisme, définit Aristote, est un raisonnement où, certaines choses étant prouvées, une chose autre que celles qui ont été accordées se déduit nécessairement des choses qui ont été accordées » (Organon). Ainsi, ce raisonnement de la logique aristotélicienne relève de la déduction – à opposer à l’induction –, c’est-à-dire qu’il se sert de la vérité d’une idée générale pour établir la vérité d’une idée précise. Par exemple, « Socrate est un homme [majeure]. Tous les hommes sont mortels [mineure]. Donc Socrate est mortel [conclusion]. » est un syllogisme. Ce raisonnement équivaut, en mathématiques, à la combinaison de deux égalités : si A = B et A = C, alors nécessairement B = C. Malgré l’importance qu’il lui accorde, Aristote connaît la faillibilité de ce type de déduction. La vérité de la conclusion est effectivement dépendante de la vérité des deux premières propositions. Les sophistes exploitent cette faille dans de faux syllogismes, comme « Tout ce qui est rare est cher. Un cheval bon marché est rare. Donc un cheval bon marché est cher ». Le syllogisme n’épuise donc pas la logique aristotélicienne.

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La logique aristotélicienne fixe des règles formelles. Aristote a créé presque de lui-même, par la seule puissance de sa propre pensée, une nouvelle science qui a donné à la pensée grecque sa discipline. En comparaison, Platon accordait volontiers la priorité à la beauté littéraire et au mythe sur la rigueur nécessaire à la quête de la vérité. Le travail de son élève rassemblé dans l’Organon (traduit par Boèce à la fin de l’Empire romain) a constitué le moule de la pensée médiévale, construit la terminologie, et jeté les bases de la maturité intellectuelle de la science moderne. Définie comme la science de la validité des opérations intellectuelles, la logique peut être réduite à des règles formelles, c’est-à-dire des principes indépendants du contenu auquel ils s’appliquent. La logique aristotélicienne met en évidence trois principes fondamentaux. En premier lieu, le principe d’identité affirme la permanence et la cohérence de l’être (A est A). C’est l’équivalent de l’égalité en mathématiques. En deuxième lieu, le principe de non-contradiction pose que deux propositions incompatibles (A et non-A) ne peuvent pas être vraies en même temps. « Il est impossible, écrit Aristote, que deux jugements opposés soient vrais de la même chose en même temps » (Métaphysique). Par exemple, un homme ne peut pas être à la fois barbu et glabre. Enfin, la troisième règle formelle fondamentale de la logique aristotélicienne est le principe du tiers exclu. Elle signifie qu’une proposition est soit vraie, soit fausse : un homme est soit barbu, soit glabre.

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Qui est Romain Treffel ?
Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous. Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.
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