La nouvelle société du coût marginal zéro Jeremy Rifkin

La nouvelle société du coût marginal zéro révolutionne le système économique. Jeremy Rifkin avance dans La nouvelle société du coût marginal zéro que l’organisation du capitalisme autour de grandes entreprises centralisées jouissant d’importantes économies d’échelle est en passe d’être balayée par l’ère digitale. En effet, la révolution numérique promeut de nouveaux modes d’organisation de l’économie fondés sur le partage et la décentralisation.

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La nouvelle société du coût marginal zéro est le triomphe de l’économie du partage. Jeremy Rifkin prédit que celle-ci va remplacer l’économie de l’échange caractéristique du capitalisme. Va ainsi s’installer un système économique hybride rendu possible par la réduction drastique du coût marginal de production de nombreux produits et services. L’économiste montre que l’économie du partage est en train de se développer : près de la moitié de l’humanité est connectée à internet ; les objets vont l’être également ; les voitures sont de plus en plus partagées, même dans des pays, comme les États-Unis, où elles ont une grande valeur symbolique (la liberté et la réussite). Plus fondamentalement, l’économie du partage est en train d’effacer la frontière entre le producteur et le consommateur. « Chacun d’entre nous, imagine Jeremy Rifkin, pourra potentiellement devenir producteur d’information, de culture, d’objets… Chacun pourra devenir prosommateur, à la fois consommateur et producteur » (La nouvelle société du coût marginal zéro). Ainsi, des millions de « prosommateurs » collaborent gratuitement sur les réseaux sociaux pour concevoir des technologies informatiques innovantes, des outils pédagogiques, de nouvelles formes d’énergie, des médias, des divertissements, etc. Jeremy Rifkin s’enthousiasme tout particulièrement pour les imprimantes 3D, dont la généralisation permettra à chacun de produire ses objets du quotidien comme sa voiture ou sa maison.

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Jeremy Rifkin voit la nouvelle société coût marginal zéro chambouler le capitalisme

La nouvelle société du coût marginal zéro repose sur une révolution énergétique. Jeremy Rifkin anticipe que le coût marginal zéro va se propager aux industries du monde physique. D’après son analyse, le secteur de l’énergie sera le premier concerné. Les énergies renouvelables vont se développer – comme c’est déjà le cas en Allemagne, où près d’un quart de la production d’électricité est renouvelable (en 2015) – et leur production et leur consommation seront pilotées et optimisées par un internet de l’énergie pour être abondantes et quasiment gratuites. « Les grandes révolutions économiques de l’histoire, explique Jeremy Rifkin, sont des révolutions des infrastructures et ce qui donne aux grandes révolutions des infrastructures leur puissance transformatrice, c’est la convergence de nouveaux médias de communication avec de nouveaux régimes énergétiques » (La nouvelle société du coût marginal zéro). L’économiste imagine plus précisément l’avènement d’une infrastructure intelligente qui agirait comme un cerveau capable de mesurer en temps réel, par l’intermédiaire des objets connectés à internet, l’énergie, les flux et les températures.  Cette infrastructure rendra possible la décentralisation de la production des nouvelles formes d’énergie aux « prosommateurs ». La production d’électricité, par exemple, sera atomisée ; puis l’énergie sera échangée et distribuée via l’internet de l’énergie. Jeremy Rifkin voit déjà la généralisation des éoliennes et des panneaux solaires sur les toits de tous les bâtiments.

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La nouvelle société du coût marginal zéro favorise l’émergence des « communaux collaboratifs ». Ceux-ci désignent pour Jeremy Rifkin diverses formes possibles d’association à but non lucratif dont le principe est antérieur au capitalisme industriel, comme les associations loi 1901, les coopératives qui regroupent les producteurs et les consommateurs, les fondations caritatives, les clubs, etc. Alors que le système capitaliste repose sur la poursuite de l’intérêt personnel et la recherche du gain matériel, ces communaux collaboratifs sont eux constitués dans un intérêt collectif et souvent mus par le désir d’établir des relations de partage. Si le premier est l’expression d’une vision du monde matérialiste valorisant les droits de propriété et l’autonomie, les seconds privilégient pour leur part la communauté, la transparence et l’innovation collective. Jeremy Rifkin affirme que de nombreux petits groupes ont d’ores et déjà mis en place ce genre de collaboration dans la nouvelle société du coût marginal zéro. Inspiré par ces initiatives, il plaide pour l’avènement d’une société qui, sans tout renier du capitalisme, soit plus collaborative. « La mort de l’ère capitaliste m’inspire des sentiments mêlés, avoue l’économiste. J’envisage avec espoir l’avènement des communaux collaboratifs, et je suis persuadé qu’ils offrent le meilleur vecteur pour guérir la planète et promouvoir une économie de l’abondance durable » (La nouvelle société du coût marginal zéro). Jeremy Rifkin prédit que les communaux collaboratifs s’imposeront à l’horizon 2060 après une lutte intense contre les monopoles capitalistes.

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