L'origine des espèces Charles Darwin sélection naturelle théorie de l'évolution

L’origine des espèces révèle qu’elles ne sont ni indépendantes ni immuables. Charles Darwin montre dans L’origine des espèces qu’elles évoluent en fonction des adaptations auxquelles sont soumis leurs individus. Cette théorie a suscité la controverse parce qu’elle a révolutionné les sciences du vivant, et plus généralement parce qu’elle a fait descendre l’homme du piédestal où l’avaient placé les religions.

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L’origine des espèces s’éclaire par l’observation de leurs variations. En effet, Darwin considérait que l’étude attentive des animaux domestiques et des plantes cultivées pouvait être particulièrement fertile pour sa recherche. Il s’est donc penché sur les variations observables des diverses espèces à sa disposition pour tenter d’en élucider les causes, parmi lesquelles il suspectait le mode de vie et l’usage, intensif ou trop marginal, de certaines parties de l’organisme. En analysant dans le détail des données sur l’élevage et le croisement de races domestiques, il a mis en évidence l’effet fondamental de la sélection opérée par l’homme : « Le pouvoir de sélection, d’accumulation, que possède l’homme, écrit Darwin, est la clef de ce problème ; la nature fournit les variations successives, l’homme les accumule dans certaines directions qui lui sont utiles » (L’origine des espèces). Cette hypothèse butait cependant sur la définition du terme « espèce » – une éternelle controverse parmi les naturalistes – dont l’enjeu sous-jacent est l’existence objective de la catégorie. Rejoignant ceux qui en considéraient essentiellement la commodité, Darwin avançait que la différence entre l’espèce et la variété était artificielle – en réalité, les variétés ne seraient autres que les espèces en cours de formation. Se réclamant de la méthode inductive de Bacon, le naturaliste a alors rassemblé le plus de résultats possible sur les variations naturelles, même les plus imperceptibles en apparence, des animaux et des plantes.

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Darwin explique l’origine des espèces par une pression évolutive

L’origine des espèces repose sur la sélection naturelle. Darwin pose que les espèces changent progressivement parce que leurs individus mutent pour s’adapter à leur milieu. Cette théorie lui aurait était inspirée par la lecture de l’Essai sur le principe de population de Malthus, lequel affirme qu’il est impossible de maintenir en vie davantage de population que ne le permettent les ressources alimentaires disponibles sans favoriser la misère et la maladie, ce qui explique que les hommes luttent férocement pour survivre. Or, cette sélection artificielle ne serait que le reflet, chez les hommes, d’une sélection naturelle : « Aussi, explique Darwin, comme il naît plus d’individus qu’il n’en peut vivre, il doit y avoir, dans chaque cas, lutte pour l’existence, soit avec un autre individu de la même espèce, soit avec des individus d’espèces différentes, soit avec les conditions physiques de la vie » (L’origine des espèces). Ainsi, l’irrépressible mouvement d’expansion de toute espèce crée une concurrence féroce pour l’occupation du milieu naturel. L’individu est constamment menacé par les prédateurs, le manque de nourriture, le froid, etc. ; il doit trouver, par la force si nécessaire, un espace qui lui convienne et encore s’y adapter. Les très nombreuses observations de Darwin ont confirmé cette idée selon laquelle une force puissante s’exprimerait dans la vie, qui entraînerait les êtres les plus adaptés à se propager au détriment des moins adaptés.

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L’origine des espèces fait entrevoir les caractéristiques de l’évolution. En multipliant les cas d’étude, Darwin montre comment, de manière systématique, l’acquisition progressive de nouvelles structures par un organisme naturel découle de l’apparition précédente de nouvelles conditions de vie qui requéraient une adaptation, sous peine de disparition. Par exemple, le long cou des girafes est le résultat d’une pression évolutive parce qu’il permet d’atteindre la nourriture des plus hautes branches, ce qui constitue un avantage crucial pour la survie en cas de pénurie – les girafes au cou moins long étant moins bien nourries, elles se sont peu à peu éteintes. Ainsi, pour Darwin, l’évolution des espèces depuis leur origine est très graduelle : la combinaison de petites variations aléatoires et de la sélection naturelle altère les espèces jusqu’à en faire apparaître de toutes nouvelles. Le naturaliste nie donc la possibilité que l’évolution puisse changer par « sauts ». « Admettre tout cela, attaque Darwin, c’est, selon moi, quitter le domaine de la science pour entrer dans celui des miracles. […] Il n’y a aucune difficulté à admettre que la sélection naturelle puisse conserver et accumuler constamment les variations de l’instinct, aussi longtemps qu’elles sont profitables aux individus. Telle est, selon moi, l’origine des instincts les plus merveilleux et les plus compliqués » (L’origine des espèces). Des variations importantes et subites sont en fait des exceptions au processus normal de l’évolution, qui les fait d’ailleurs disparaître, soit par croisement soit par la sélection naturelle.

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