Le principe de plaisir et le principe de réalité selon Freud

principe de plaisir principe de réalité Freud

Le principe de plaisir et le principe de réalité régissent la vie humaine. Alors que la psychologie classique s’était concentrée sur l’étude de la douleur, Freud a pris le risque de s’intéresser au plaisir. Ses réflexions l’ont conduit à mettre en évidence l’antagonisme entre, d’une part, les forces du désir et, d’autre part, l’autocensure qui naît, chez l’individu, de l’anticipation des effets de ses actes dans la réalité.

>> L’utilitarisme de Bentham sur un post-it

Le principe de plaisir domine l’activité psychique. Freud emprunte le concept de « principe de plaisir » au psychologue allemand Gustav Fechner pour expliquer la logique du désir et de la satisfaction. Il abandonne l’idée traditionnelle, associée à la quête du plaisir, de la transmission neuronale de l’excitation, au profit d’une perspective « métapsychologique », c’est-à-dire d’une psychologie centrée sur les ressorts profonds de l’esprit humain, ceux que l’expérience ne suffit pas à révéler. Il part du constat selon lequel l’homme tend spontanément à rechercher la satisfaction, laquelle correspond à la décharge d’une pulsion. Freud en déduit que la vie psychique vise fondamentalement le plaisir : « Selon toute apparence, l’ensemble de notre activité psychique a pour but de nous procurer du plaisir et de nous faire éviter le déplaisir, elle est régie automatiquement par le principe de plaisir » (Introduction à la psychanalyse). Pour comprendre ce principe, la psychanalyse freudienne se focalise sur l’étude expérimentale du plaisir le plus méconnu – car le plus controversé –, et pourtant le plus accessible – car le plus intense –, le plaisir sexuel. Elle trouve alors que la fonction de l’appareil psychique se résume à la maîtrise et à l’élimination des excitations. Ainsi, le principe de plaisir commande la réalisation la plus rapide de toutes les pulsions, conscientes ou inconscientes, de l’individu. Freud remaniera toutefois cette définition pour prendre en compte la pulsion de mort.

>> L’inconscient selon Freud sur un post-it

Freud oppose le principe de plaisir et le principe de réalité

Le principe de réalité représente la résistance du monde extérieur. Freud s’était tout d’abord appuyé sur l’opposition entre le principe de plaisir et le principe de déplaisir pour élaborer ses théories métapsychologiques. Dans Formulation sur les deux principes du fonctionnement psychique (1911), il introduit le concept de « principe de réalité » dans le vocabulaire de la psychanalyse. Ce nouveau principe synthétise la capacité du sujet à prendre en compte les entraves à l’accomplissement de ses désirs qu’il rencontre dans le monde réel. Si le principe de plaisir semble dominer l’esprit humain, c’est en fait dans l’imagination, dans l’hallucination ou dans le rêve, qu’il s’impose – hors de ce contexte, l’homme ne cède pas à ses pulsions, il maîtrise leur accomplissement. Freud pose ainsi que le principe de réalité « ne renonce pas à l’intention de gagner finalement du plaisir mais il exige et met en vigueur l’ajournement de la satisfaction, le renoncement à toute sorte de possibilités d’y parvenir et la tolérance provisoire du déplaisir sur le long chemin détourné qui mène au plaisir » (Au-delà du principe de plaisir). En pratique, le principe de réalité se traduit par diverses adaptations de l’appareil psychique, telles que le développement de la conscience, le renforcement de l’attention et de la mémoire, l’affermissement du jugement, ou encore l’émergence de la pensée rationnelle. Freud précise que l’installation du principe de réalité est progressive : il est nécessaire que des expériences surviennent, qui révèlent au sujet « l’indifférence » de la réalité à son égard.

>> Le refoulement selon Freud sur un post-it

Le principe de réalité doit s’imposer au principe de plaisir. Freud explique que leur antagonisme évolue selon les phrases de la vie. Dans la première partie, en effet, les tendances du Moi sont tout entières dirigées vers la réalisation du plaisir. Seulement, la résistance du monde extérieur et les interdits socioculturels les entraînent à transformer le principe de plaisir, sinon à subir les conséquences fâcheuses de la satisfaction du désir par les circuits les plus courts. L’instinct d’éviter le déplaisir contraint le sujet à des adaptations urgentes, et lui enseigne ce faisant à différer la gratification, à supporter certaines peines, et même à renoncer à certaines sources de plaisir. Freud considère que la transition du principe de plaisir au principe de réalité constitue un progrès crucial dans le développement du Moi. « Le Moi ainsi éduqué, écrit-il, est devenu « raisonnable », il ne se laisse plus dominer par le principe de plaisir, mais se conforme au principe de réalité qui, au fond, a également pour but le plaisir, mais un plaisir qui, s’il est différé et atténué, a l’avantage d’offrir la certitude que procurent le contact avec la réalité et la conformité à ses exigences » (Introduction à la psychanalyse). Sur le plan psychologique, la transition se traduit par la conversion du désir inconscient en déplaisir conscient ainsi que par la complication des circuits de la satisfaction. Freud réarticulera l’opposition du principe de plaisir et du principe de réalité tout au long de son œuvre.

>> Le complexe d’Œdipe de Freud sur un post-it

 

Recevez ma synthèse
des 100 meilleures
idées philosophiques
Recevez ma synthèse des 100 meilleures
idées philosophiques