Bouddha sagesse bouddhiste

La sagesse bouddhiste tient de la philosophie et de la religion. D’une part, en effet, le bouddhisme étudie rationnellement la nature et la vie ; d’autre part, il se concrétise, comme les religions, dans une organisation cultuelle soudée par des pratiques. Perçu comme une doctrine de paix et de non-violence, il présente plus précisément un diagnostic des malheurs de l’existence humaine dont il déduit des solutions cohérentes au sein d’un idéal de sagesse.

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La sagesse bouddhiste est tirée de la vie du Bouddha. Les croyances et la philosophie du courant sont fondées sur les enseignements de Gautama Bouddha, le dernier Bouddha à s’être fait connaître sur terre et fondateur du bouddhisme actuel. En effet, le mot « Bouddha » ne désigne pas un individu particulier, mais toute personne complètement éveillée, qui a atteint une perfection spirituelle totale – il existerait donc un grand nombre de Bouddhas. Pour autant, le dernier constitue le meilleur modèle à suivre pour parvenir à la sagesse bouddhiste. Né au VIe siècle avant J.-C. dans une famille royale du nord de l’Inde, il mena tout d’abord une vie conforme à ce qui était attendu de son rang en prenant pour épouse une princesse qui lui donna un fils. C’est à l’âge de vingt-neuf ans qu’il rompit avec son existence de privilégié en quittant le palais royal pour mener une vie d’ascète. S’engageant dans une quête spirituelle ayant pour but de guérir les souffrances humaines, il connut l’illumination à trente-cinq ans alors qu’il était en train de méditer au pied de l’arbre « Bodhi », nom qui signifie « sagesse ». Devenu un Bouddha, il passa le restant de sa vie à voyager pour prêcher sa doctrine. Il constitua ainsi la première communauté bouddhiste, forte de plus de mille deux cents membres, pour lesquels il fut un guide jusqu’à sa mort, à quatre-vingts ans.

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La sagesse bouddhiste consiste à se détacher de la souffrance de l’existence

La sagesse bouddhiste conçoit la vie comme une souffrance. Celle-ci peut être de deux sortes : physique et morale. Rentrent dans la première catégorie la faim, la soif, la vieillesse, la maladie, la mort, le manque de confort, l’indigestion, l’incapacité, etc. ; dans la seconde, l’éloignement ou la perte des proches, la fréquentation des personnes haïes, les désirs insatisfaits, les ambitions irréalisables, etc. À ces maux quotidiens s’ajoutent les souffrances collectives, comme la guerre, les épidémies, les catastrophes naturelles, etc. Si l’existence comporte aussi son lot de bonheurs et de plaisirs, le bouddhisme met en évidence les souffrances encore plus grandes qu’ils engendrent. Par exemple, l’amour entraîne inévitablement un chagrin destructeur lors de la disparition de l’être aimé. La philosophie bouddhiste identifie l’insatisfaction inhérente à la vie comme la racine de la souffrance. Du fait de l’impermanence des choses – tout étant flux et changement constant dans l’univers – rien ne peut satisfaire l’homme de manière ultime et définitive. Ainsi, des quatre « nobles vérités » à l’origine du bouddhisme, les deux premières posent la souffrance comme la condition incontournable de l’existence et comme la conséquence du désir et de l’attachement qu’éprouvent les hommes. La sagesse bouddhiste constitue donc une solution pour faire cesser la souffrance, tant celle du sujet que celle d’autrui.

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La sagesse bouddhiste préconise le détachement. Tel est, selon la troisième des quatre « nobles vérités » à l’origine du bouddhisme, le moyen de s’émanciper de la souffrance. Il s’agit de prendre acte de l’interdépendance fondamentale de tous les éléments – de l’atome à l’univers, en passant par les hommes et leurs états d’esprit – pour se concentrer sur la seule marge de manœuvre véritable de l’individu, la maîtrise de son esprit. « L’esprit est difficile à maîtriser et instable, dit le Bouddha. Il court où il veut. Il est bon de le dominer. L’esprit dompté assure le bonheur ». Ainsi, la sagesse bouddhiste enseigne à l’homme à trouver les réponses en lui-même, pour peu qu’il sache les chercher. Il est ainsi incité à se transformer en prenant conscience, sans les arrêter, des émotions qui le traversent et le bouleversent. Des exercices précis lui permettent de pratiquer le détachement : méditer sur un squelette pour réaliser la vanité de la vie ; sur la saleté du corps humain pour abandonner le corps et la sexualité ; sur l’impermanence des choses pour se libérer de la propriété et de la richesse ; sur les maux liés à la possession pour éteindre la convoitise ; sur l’inconstance du mental pour dissiper l’illusion de l’ego, etc. La sagesse bouddhiste rend ainsi à l’homme le pouvoir d’atteindre le bonheur, une fois ses désirs éteints et ses attachements brisés, état qui constitue le nirvana.

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