Saint-Thomas d’Aquin Somme théologique preuves Dieu

Saint-Thomas d’Aquin donne cinq preuves de l’existence de Dieu. Les quinquae viae (cinq voies) développés dans la Somme théologique sont plus précisément cinq manières différentes de prendre conscience de l’existence de Dieu par la raison. En effet, le théologien n’accorde aucun crédit aux « preuves » de nature subjective, ou psychologique.

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Les deux premières preuves de Saint Thomas D’Aquin relèvent de la causalité. Dieu apparaît tout d’abord comme le premier moteur immobile. Comme tous les éléments de l’univers, le monde et l’entièreté de la matière, sont en mouvement, il faut nécessaire qu’une première cause leur ait insufflé le mouvement. En effet, tout ce qui mû l’est forcément par autre chose. En remontant la chaîne causale du mouvement, l’esprit arrive nécessaire à un premier moteur qui n’est pas mû : « (…) on ne peut ainsi continuer à l’infini, écrit Saint-Thomas d’Aquin, car dans ce cas il n’y aurait pas de moteur premier, et il s’ensuivrait qu’il n’y aurait pas non plus d’autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mus par le moteur premier, comme le bâton ne meut que s’il est mû par la main. Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c’est Dieu » (Somme théologique). Sur le plan logique, de même, un élément est forcément causé par un autre, ce qui invite à remonter la chaîne des causes efficientes, jusqu’à parvenir à une première cause efficiente. La nature se caractérise donc par un ordre des causes efficientes enclenché par Dieu.

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Saint-Thomas d’Aquin donne pour preuves la nécessité et la perfection de Dieu

La troisième preuve de Saint Thomas D’Aquin tient de la nécessité. Le point de départ du raisonnement du théologien est la contingence : tout ce qui existe peut très bien ne pas exister, étant donné que tout est soumis au cycle de la naissance et de la mort. De surcroît, comme rien de tout cela ne peut durer éternellement, il en découle qu’à un certain moment, aucun être n’existait. Or, si rien n’existait, il ne devrait rien exister en ce moment ! En effet, tout ce qui existe a reçu la vie d’un élément existant antérieurement. L’existence actuelle des êtres invalide donc le point de départ du raisonnement de Saint-Thomas d’Aquin, à savoir la contingence de tous les êtres. Par conséquent, il existe forcément du nécessaire dans les choses. En remontant, comme pour les preuves précédentes, la chaîne causale de la nécessité, où chaque élément tire logiquement sa nécessité d’ailleurs ou non, Saint-Thomas d’Aquin démontre ainsi qu’il existe (au moins) un être donc l’existence est nécessaire : il s’agit de Dieu. « On est donc contraint d’affirmer l’existence d’un Être nécessaire par lui-même, qui ne tire pas d’ailleurs sa nécessité, mais qui est cause de la nécessité que l’on trouve hors de lui, et que tous appellent Dieu » (Somme théologique).

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Les deux dernières preuves de Saint Thomas D’Aquin sont relatives à la perfection. En premier lieu, Dieu paraît être un modèle parfait. Le théologien soutient cette hypothèse en analysant l’échelle des perfections. De manière évidente, chaque chose imparfaite renvoie à une autre qui est plus parfaite qu’elle. En remontant, par récurrence, l’échelle des perfections, l’esprit doit atteindre un maximum. Ainsi, l’extrémité de perfection dans un genre est nécessairement la cause de tous les éléments imparfaits appartenant au même genre. « Il y a donc, en déduit Saint-Thomas d’Aquin, quelque chose qui est souverainement vrai, souverainement bon, souverainement noble, et par conséquent aussi souverainement être, car, comme le fait voir Aristote dans la Métaphysique, le plus haut degré du vrai coïncide avec le plus haut degré de l’être » (Somme théologique). Toutes les perfections particulières découlent forcément d’une perfection commune et originaire, celle de Dieu. En second lieu, cette perfection originaire implique que les êtres naturels sont orientés vers une fin. Or, comme ils sont privés de connaissance, il faut nécessairement qu’un être intelligent les ordonne vers leur fin à l’instar de l’archer qui tire sa flèche. Saint-Thomas d’Aquin en conclut qu’« il y a (donc) un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet être, c’est lui que nous appelons Dieu ».

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