Une société sans école selon Ivan Illich

Une société sans école Ivan Illich

Ivan Illich prône une société sans école. Il diagnostique dans Une société sans école que l’institution scolaire engendre une résistance grandissante chez les adolescents parce qu’elle entrave leur développement personnel en les condamnant à un environnement programmé. En fait, la société n’a pas besoin des enseignants, affirme-t-il, puisque enseigner et s’instruire sont des responsabilités personnelles.

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Ivan Illich distingue l’école de l’éducation. Il part du constat que les gens apprennent la plupart de ce qu’ils savent en dehors de l’école, grâce aux expériences personnelles, à l’adaptation au milieu (comme dans l’apprentissage d’une langue, par exemple), au goût pour la lecture, etc. Ils peuvent donc apprendre tout au long de leur vie. « Où avons-nous donc appris, demande-t-il, la plus grande part de ce que nous savons ? En dehors de l’école. Le plus souvent, les élèves font leur éducation sans l’aide de leur maître, parfois malgré lui. […] C’est sorti de l’école, ou en dehors, que tout le monde apprend à vivre, apprend à parler, à penser, à aimer, à sentir, à jouer, à jurer, à se débrouiller, à travailler » (Une société sans école). Plus fondamentalement, apprendre est, explicite Ivan Illich, de toutes les activités humaines, celle qui requiert le moins l’intervention d’autrui. Les recherches en matière d’éducation révèlent que la contribution de l’enseignant n’est pas cruciale dans la transmission du savoir. Le « droit » d’aller à l’école est donc en réalité un fardeau : en enfermant les enfants dans les salles de classe, l’école les empêche d’apprendre efficacement par le contact direct avec la réalité. Ivan Illich reproche à l’enseignement obligatoire d’entretenir la confusion entre la méthode et le contenu, d’entraver l’ouverture d’esprit, et surtout la volonté personnelle d’apprendre.

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Ivan Illich croit en une société sans école

Ivan Illich estime que l’école nuit à la société. Il la voit comme l’archétype de l’institution manipulatrice, car elle transforme les hommes en producteurs et en consommateurs modernes. À cet égard, il compare le rôle des enseignants à celui des prêtres. Ils garantissent le consentement à l’ordre social, une fidélité inconditionnelle à l’idéologie de la croissance, et ils créent la demande pour toute la gamme des institutions modernes. Leur influence conditionne l’individu moderne à croire qu’il dépend d’institutions (l’école, les hôpitaux, les services sociaux, etc.) — plutôt que de lui-même et de sa communauté — pour l’amélioration de son existence. Or, le développement de l’école et l’augmentation des dépenses d’éducation (qui rappelle la course aux armements) ne sont pas efficaces. Bien au contraire, « loin d’égaliser les chances, l’école en assure la répartition ». Notre société, explique Ivan Illich, « est la première à qui il faille une initiation aussi interminable, abêtissante et coûteuse. […] la grâce appartient à ceux qui accumulent les années d’école » (Une société sans école). L’école divise le monde en deux : le monde éducatif, d’une part ; le monde sans valeur éducative, d’autre part. Elle perpétue la ségrégation sociale : son « programme occulte » légitime la future hiérarchie, et l’université crée l’élite sociale. Dans cette perspective, tous les rituels scolaires, les concours et les diplômes ont la même fonction que les rites initiatiques et hiérarchiques d’autrefois. Ivan Illich considère que l’école est une industrie qui poursuit les buts des administrateurs, plutôt que ceux des élèves.

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Ivan Illich imagine une société sans école. Il pose qu’un véritable système éducatif doit avoir 3 objectifs : 1° permettre à tous d’apprendre ; 2° favoriser le partage de connaissances ; 3° favoriser le débat public. Sur le plan des principes, le philosophe envisage le passage de la transmission verticale du savoir à une éducation par l’échange et l’ouverture d’esprit. Cela décuplera l’efficacité de l’apprentissage. Ivan Illich donne l’exemple du diocèse de New York qui, en 1956, a appris l’espagnol à 127 personnes en seulement 6 mois. Le nouvel esprit stimulera également la sérendipidité, étouffée par les programmes scolaires. La solution du philosophe repose plus précisément sur deux dimensions. Il faut tout d’abord créer des réseaux souples de contacts où les membres puissent s’instruire et échanger les compétences de leur propre initiative, ce qui restaurera la vie communautaire locale et libérera les citoyens de la tutelle des administrations publiques. Les technologies modernes pourront favoriser la circulation du savoir. La seconde dimension est de fonder la légitimité des maîtres sur des aptitudes réelles, et non pas sur les diplômes. En effet, la démonstration par un instructeur est souvent la meilleure façon d’apprendre : « c’est par les modèles qui nous sont proposés que nous avons appris à parler » (Une société sans école). Ainsi, il sera utile d’ouvrir les lieux de production au public afin de rendre possible l’apprentissage direct. Enthousiaste, Ivan Illich reste cependant réaliste : l’accomplissement de son projet de déscolarisation dépend des diplômés !

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Qui est Romain Treffel ?
Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous. Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.
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