surhomme volonté de puissance Nietzsche Ainsi parlait Zarathoustra

Le surhomme est l’idéal de l’humanité. Nietzsche a créé cette notion dans Ainsi parlait Zarathoustra pour qualifier les individus libres et créateurs qu’il appelle de ses vœux. Souvent caricaturée comme un éloge malsain d’un individu immoral, dominateur et démesurément ambitieux, cette figure vise en fait surtout à régénérer l’homme sur le plan moral.

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Le surhomme est le rude destin de l’homme. En effet, Nietzsche conçoit l’homme comme une « corde » entre la bête et le surhomme. Or, cette corde tendue au-dessus d’un abîme est un obstacle particulièrement ardu, car le surhomme n’est rien moins que l’exact négatif de l’homme, c’est-à-dire tout ce qu’il n’est pas. « Je vous enseigne le surhomme, écrit Nietzsche. L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ? Tous les êtres, jusqu’ici, ont créé quelque chose au-delà d’eux-mêmes : et vous voulez être le reflux de cette grande marée et vous préférez retourner à l’animal plutôt que de surmonter l’homme ? Qu’est-ce que le singe pour l’homme ? Un objet de risée ou une honte douloureuse. Et c’est exactement cela que l’homme doit être pour le surhomme : un objet de risée ou une honte douloureuse » (Ainsi parlait Zarathoustra). L’homme semble donc incapable de s’extraire de lui-même. Bien au contraire, il se glorifie même d’être homme et il théorise l’exaltation de son humanité. Nietzsche stigmatise ainsi l’humanisme, qu’il critique comme une reconnaissance de l’homme par l’homme l’encourageant à se satisfaire de sa médiocre condition. Prisonnier de la léthargie de cette autosatisfaction, l’individu répugne alors à se dépasser.

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Le surhomme de Nietzsche est un créateur de valeurs

L’avènement du surhomme requiert la mort de Dieu. Pour Nietzsche, la réalisation de cette condition doit rendre à l’homme le courage de réaliser que le monde et la terre forment l’unique réalité. En se débarrassant de ses fantasmes d’une origine divine et d’un lien privilégié avec son créateur, l’individu peut rétablir son attachement à la terre et ainsi se rapprocher de l’indépendance métaphysique du surhomme, lequel ne se réfère qu’à lui-même. « Jadis, pose Nietzsche, le blasphème contre dieu était le blasphème le plus grand, mais Dieu mourut et alors ces blasphèmes moururent eux aussi. Blasphémer la terre et attacher plus de prix aux entrailles de l’impénétrable qu’au sens de la terre, voilà ce qui maintenant est ce qu’il y a de plus effroyable » (Ainsi parlait Zarathoustra). L’existence de Dieu est une croyance inhibitrice dans la mesure où la promesse de l’accomplissement de soi dans un monde supraterrestre empêche l’homme de chercher à se dépasser dans le monde terrestre. Nietzsche qualifie donc les propagateurs de cette croyance d’« empoisonneurs », parce qu’il leur reproche de paralyser le potentiel créateur de l’être humain en dévalorisant le monde terrestre et en le caractérisant par sa fondamentale vanité. Émancipé de cette croyance, le surhomme comprend qu’il n’a pas besoin d’attendre son trépas pour se transformer et s’épanouir.

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Le surhomme incarne de nouvelles valeurs. Nietzsche en fait l’horizon d’une double libération de l’homme, des valeurs chrétiennes inhibitrices, d’une part, et l’instinct grégaire de l’homme, d’autre part. Prenant lui-même la place que l’homme donnait à son Dieu, le surhomme accède à la divinité en embrassant sa volonté libre. Le philosophe souhaite ce faisant ressusciter les dieux dans une nouvelle noblesse individualiste qui renverse l’ancien système de valeurs. « Tu dois devenir l’homme que tu es, invite Nietzsche. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même » (Ainsi parlait Zarathoustra). Dans le détail, le surhomme nietzschéen se caractérise par un anticonformisme et par une absence d’aversion au conflit. Nietzsche donne Napoléon Bonaparte en exemple historique de surhomme parce qu’il voit en lui une individualité supérieure, apte à entraîner derrière elle l’humanité en vue d’un destin digne d’elle. De manière générale, le surhomme est réaliste et pragmatique : il se distingue par sa capacité à voir la vérité crue pour préparer l’avenir. Libéré des peurs de l’homme, il agit selon son instinct et avec passion. Sa morale est animée par la volonté de puissance, c’est-à-dire un désir volontaire vers un potentiel supérieur d’acceptation de son destin et, partant, de réalisation de soi. Enfin, Nietzsche décrit encore plus concrètement le surhomme comme un individualiste noble et courageux.

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